Le récit d'une journée de cacophonie sur les nouvelles attestations de déplacement

Hugo Septier
·3 min de lecture
Un policier vérifie une attestation le 5 janvier 2021 à Metz, placé sous couvre-feu à partir de 18h00 - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN © 2019 AFP
Un policier vérifie une attestation le 5 janvier 2021 à Metz, placé sous couvre-feu à partir de 18h00 - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN © 2019 AFP

Ce samedi a pris la forme d'un mauvais vaudeville. Alors que cette journée avait été pointée par Jean Castex comme point de départ des nouvelles restrictions dans 16 départements français, mesures qu'il ne faut plus appeler "confinement" selon le vocabulaire de l'exécutif, une cacophonie administrative s'est emparée du gouvernement.

Comme l'avait évoqué le Premier ministre lors de son allocution jeudi passé, les Français reconfinés à partir de ce jour devaient se munir d'une attestation, pour la troisième fois depuis maintenant un an et le premier confinement. Avec ce document, ces derniers pouvaient entre autres se déplacer dans un rayon de dix kilomètres, de manière illimitée dans le temps.

Première attestation trop complexe

Aux premières heures de la journée, ce nouveau document était disponible sur le site du ministère de l'Intérieur. Immédiatement, elle a causé surprise et incompréhension chez de nombreux Français.

Cette dernière recensait en effet 15 motifs de sortie sur deux pages, valables dans un rayon de dix kilomètres autour du domicile pour certains (dont les promenades) et 30 km pour d'autres (dont les achats). Seuls certains motifs (consulter un médecin, sortir son chien...) sont acceptés entre 19 et 6 heures du matin, période de couvre-feu pour toute la France métropolitaine.

Quelques minutes plus tard sur BFMTV, la porte-parole du ministère de l'Intérieur Camille Chaize a reconnu que l'attestation de déplacement dérogatoire était "complexe".

"On a essayé de se caler sur le bassin de vie des personnes. Quand on va promener son chien on est environ à 1km de chez soi, avec les enfants environ à 10km", a-t-elle expliqué. Cette dernière a en outre souligné que "les contrôles (allaient) perdurer mais on fera preuve de pédagogie et de tolérance".

Selon des informations obtenues par BFMTV, le document a été réalisé par e cabinet du Premier ministre. Dans la journée, la découverte de l'attestation a provoqué le courroux de l'exécutif demandé un rectificatif immédiat. "À ce stade, c’était pas appuyer sur le bouton stop qu’il fallait faire, c’est carrément arracher la prise. C’est ce qu’a fait le Président", souligne un proche du gouvernement.

Autre problème: la version numérique de l'attestation n'était pas encore disponible samedi matin. Cette dernière devait arriver "dans le courant du weekend", avait souligné Camille Chaize.

Justificatif de domicile

C'est finalement aux alentours de midi, qu'une source de l'exécutif a assuré à BFMTV qu'une version "simplifiée" de l'attestation devait être mise en ligne dans les prochaines heures.

Tellement simplifiée qu'elle allait tout simplement être suprimée, comme l'a annoncé quelques minutes plus tard Matignon, en expliquant renoncer à l'attestation pour les déplacements en journée dans un rayon inférieur de 10 km. Alors, "dans les prochaines heures", ce sont cette fois deux attestations moins complexes qui seront mises en ligne pour les autres cas de figure.

Une première attestation applicable le soir et la nuit "au titre du couvre-feu", valable "sur tout le territoire national", entre 19 et 6 heures du matin. Une deuxième attestation en journée, "dans les seuls 16 départements soumis à des mesures renforcées", entre 6 et 19 heures, "pour les déplacements de plus de 10 kilomètres (soit au sein du département, soit pour des déplacements inter-régionaux)". En ce qui concerne les déplacements inférieurs au rayon de 10 kilomètres, un simple justificatif de domicile suffit en cas de contrôle.

Finalement, en fin de journée, le gouvernement a mis en ligne une nouvelle version de l'attestation, qui comporte 11 motifs de déplacements dans les départements soumis à des mesures renforcées.

Article original publié sur BFMTV.com