Le récit de la détention et de l'évasion de Yoann Barbereau, victime d'un kompromat en Russie

C'est une histoire comme il ne peut s'en passer qu'en ­Russie. Début 2015, ­Yoann ­Barbereau vit ­depuis trois ans à ­Irkoutsk, capitale de la ­Sibérie orientale où il dirige l'Alliance ­française, avec sa femme et leur fille (baptisées ­respectivement Margot et Diane dans son livre). Pour des raisons qui demeurent encore aujourd'hui nébuleuses, d'ignominieuses accusations de pédophilie sont portées contre lui. Un kompromat (littéralement, "dossier compromettant") dans la grande tradition du FSB (­service de sécurité intérieure russe). Une mécanique ­implacable se met en marche : arrestation, prison, procès, et condamnation à quinze ans de camp de travail. Mais sans attendre cette issue, ­Yoann ­Barbereau s'est lancé dans une rocambolesque cavale à travers la ­Sibérie puis toute la ­Russie. Qu'il quittera, finalement, en novembre 2017 après une longue étape clandestine à l'ambassade de ­France à ­Moscou, en traversant une forêt peuplée de loups jusqu'à la frontière estonienne, avant de revenir en ­France. Et de raconter son périple dans un livre saisissant, dont voici des extraits.

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L'arrestation

[Le 11 février 2015, au domicile ­familial d'Irkoutsk, Yoann ­Barbereau attend l'arrivée de son épouse, de retour d'un voyage à Paris, avec leur fille.]

"Lorsque Margot est arrivée en taxi, j'ai vite enfilé des bottes, une ­chapka (une oreille est ­restée en l'air, l'autre s'est rabattue vers le bas), et j'ai dé...


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