Réchauffement climatique : « on a besoin aujourd’hui, en tant que société, de s’accrocher à de petites victoires »

Le coup d’envoi de la COP27 (27e Conférence des parties signataires de la Convention-Cadre de l’Organisation des Nations unies sur les changements climatiques) vient tout juste d’être donné du côté de Charm el-Cheikh (Égypte). Alors même que vous venons de vivre les huit années les plus chaudes jamais enregistrées sur notre planète…

« Sincèrement, il ne faut pas trop attendre de cette COP27 », nous confie François Gemenne. Il sait de quoi il parle. Parce qu’il est politologue et chercheur spécialisé dans les questions du climat. L’un des co-auteurs du sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) aussi. Et l’auteur très récemment de L’écologie n’est pas un consensus, paru aux éditions Fayard.

Il ne faut pas en attendre grand-chose, de cette COP27 ? Chaque année, de nouveaux objectifs sont pourtant fixés. Toujours plus ambitieux. « Parce que les États ne parviennent pas à tenir leurs engagements. C’est pour ça qu’ils reviennent chaque année avec des objectifs revus à la hausse… et qu’ils ont de plus en plus de mal à tenir », souligne François Gemenne. Et alors qu’à la veille de la COP26 qui s’était tenue à Glasgow (Écosse), l’année dernière, les planètes semblaient alignées, « la situation dans laquelle se trouve le monde aujourd’hui est, au contraire, extrêmement délicate. Il y a d’abord la guerre en Ukraine. Puis la Chine qui a suspendu son partenariat stratégique sur le climat avec les États-Unis l’été dernier. Enfin, la crise énergétique. Trois difficultés majeures qui vont rendre les négociations on ne peut plus difficiles. »

« Pourtant, ce rendez-vous est et demeure incontournable. Les...

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