Avec le réchauffement climatique, les Alpes sont de plus en plus vertes

PHOTO DENIS BALIBOUSE/REUTERS

En Suisse et en Autriche, beaucoup le remarquent déjà au quotidien : le changement climatique modifie les paysages alpins. “En nous promenant sur les sentiers et sur les sommets, nous pouvons témoigner du recul des glaciers et de l’ascension des espèces végétales et animales”, assure le journal genevois Le Temps.

Depuis la Suisse alémanique, la Neue Zürcher Zeitung acquiesce : “Les glaciers reculent, le permafrost dégèle. Ce sont les conséquences typiques du dérèglement climatique. Et les Alpes verdissent.” À tel point que le phénomène est visible depuis l’espace, selon une étude publiée le 2 juin dans la revue américaine Science.

Les travaux, réalisés par des chercheurs des universités de Bâle, Lausanne, Utrecht et Helsinki, portent sur des données libres d’accès excluant les glaciers et les forêts, rapporte le quotidien autrichien Kurier. Récoltées par quatre satellites du programme américain Landsat entre 1984 et 2021, ces images donnent à voir un important “verdissement”, similaire à celui qui touche l’Arctique.

“Sur cette période de trente-huit ans, la productivité végétale a augmenté sur 77 % de la surface alpine située au-dessus de 1 700 mètres d’altitude”, explique Le Temps, qui qualifie ces résultats de “spectaculaires”.

“La neige d’été a, quant à elle, disparu sur 4 % du massif ; et celle présente tout au long de l’année, sur 9 % de cette zone.”

Le tout en lien avec des “températures ambiantes” plus élevées, qui favorisent la croissance de certaines espèces végétales, comme les conifères ou les plantes couvrantes.

Les montagnes en danger

Pour les scientifiques, la situation est préoccupante. “Certes, cette croissance végétale peut permettre de stocker davantage de CO2, ce qui contribue à lutter contre la hausse des températures, affirme Der Standard, après avoir interrogé les auteurs de l’étude. Mais cela ne compense pas les effets négatifs cumulés du réchauffement climatique dans les Alpes.”

Sans neige ou roches nues, l’effet d’albédo – c’est-à-dire la capacité d’une surface à réfléchir la lumière – est réduit. Comme l’explique Sabine Rumpf, la chercheuse ayant dirigé l’étude, cela amplifie encore davantage le réchauffement, entraînant le dégel des sols et créant de l’instabilité rocheuse. “Les conséquences sont une augmentation des glissements de terrain, des chutes de pierres et des coulées de boue, ainsi que des baisses de l’approvisionnement en eau potable.”

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