Réchauffement climatique : les étoiles de mer risquent la noyade

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

Encore un effet insoupçonné du réchauffement des océans : les étoiles de mer risquent « d’étouffer » littéralement en raison de la prolifération de matière organique dans l’eau, selon une nouvelle étude de l’Université Cornell parue dans Frontiers in Microbiology. Depuis plusieurs années, les chercheurs ont observé une mystérieuse maladie (le syndrome de dépérissement de l’étoile de mer) frappant les échinodermes, ces derniers étant transformés en masse gélatineuse informe en quelques jours. Le taux de mortalité est tel que certaines espèces ont quasiment disparu le long de la côte Pacifique. On a d’abord supposé qu’il s’agissait d’un virus, avant d’invoquer des changements dans la température ou le taux de CO2 de l’eau.

La nouvelle étude suggère que les étoiles de mer meurent en réalité de détresse respiratoire et se « noient » littéralement dans leur propre environnement. « Les étoiles de mer absorbent l'oxygène sur leur surface extérieure par de petites structures appelées papules, ou branchies cutanées. S'il n'y a pas assez d'oxygène autour des papilles, l'étoile de mer ne peut pas respirer », explique Ian Hewson, professeur de microbiologie à l'Université Cornell et coauteur de l’étude. Or, la prolifération de matière organique due au réchauffement favorise le développement de bactéries qui consument l’oxygène dans l’eau. Une fois que l’étoile de mer est morte, sa décomposition entraîne, là encore, le développement de bactéries copiotrophes, qui consomment de la matière riche en carbone, créant un micro-environnement hypoxique qui étouffe les autres étoiles de mer. « C’est pour cela que la maladie est hautement transmissible », indique Ian Hewson.

Le syndrome de dépérissement de l’étoile de mer a été décrit en 2016 comme la maladie marine la plus importante et la plus répandue géographiquement jamais enregistrée.

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