Les réalisateurs Kervern et Delépine sur Brigitte Fontaine : « Pour nous, elle est la dernière punk »

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© MARCOCCHI PRESS/SIPA

Pour nos films, nous sommes toujours à la recherche de gens singuliers. Au moment de préparer Le Grand Soir [2011], nous étions tombés sur une interview hallucinante d’elle, qui tournait le dos au journaliste, regardait le plafond dans un silence pesant… On s’est dit : il nous la faut ! Elle devait incarner la mère d’Albert Dupontel et Benoît Poelvoorde, mais elle n’était pas intéressée. Elle voulait jouer « une sorcière qui fume dans une forêt ». On lui a donc renvoyé le même scénario avec une seule modification : elle n’était plus « la maman » mais « la sorcière qui fume dans la forêt ». Notre sens de l’humour lui a plu, et elle accepté le rôle !

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C’est une actrice instinctive, quasi animale

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C’est une actrice instinctive, quasi animale. Le texte n’était pas respecté au mot près, mais on s’en foutait au regard de sa présence. Il y a deux ans, on a voulu lui offrir un petit cadeau pour son anniversaire. Nous sommes allés tourner un moyen métrage chez elle, à Morlaix. Le film s’appelle Mords-les, la devise de sa ville natale.

Elle joue une revenante qui sort de sa tombe pour insulter les vivants et annoncer l’apocalypse. La moitié des textes sont tirés de ses recueils de poésie. C’est fascinant de voir comment la musicalité de ses chansons et celle de ses poèmes se répondent. Pendant les repérages, nous avions vendu la mèche à un journaliste en donnant, ô sacrilège, l’âge de Brigitte. Elle était en furie, elle a menacé d’interrompre le tournage, de déposer une bombe au journ...


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