Règles sanitaires: à l'Assemblée, des collaborateurs déplorent certains écarts

C.Bo.
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L'Assemblée nationale. - Joel Saget
L'Assemblée nationale. - Joel Saget

Pot de départ et "petits-déjeuners" avec des "intervenants extérieurs": des collaborateurs parlementaires et sources syndicales ont déploré ce jeudi certains écarts avec les règles sanitaires à l'Assemblée, les députés assurant cependant respecter les gestes barrière.

Un collaborateur pointe une "soirée" mardi dans les bureaux avec le chef de file des députés LR Damien Abad et quelques collègues. "Ils sont imprudents", critique cette source, alors que "toute réunion à caractère festif ou convivial est strictement prohibée", selon la règle au Palais Bourbon face au Covid-19.

C'était un "moment de convivialité" pour le départ d'un collaborateur, dans une "grande salle", avec de la "distance", répond Damien Abad. "Il ne faut pas qu'on infantilise tout le monde ou qu'on fasse une chasse aux sorcières", souligne l'élu de l'Ain.

"On fait attention. Il y a forcément des échanges qui existent à l'Assemblée", poursuit le responsable de droite.

Des actes jugés "regrettables"

Anonymement, plusieurs collaborateurs critiquent par ailleurs des "petits déjeuners" de travail organisés à la questure par des élus LaREM avec des "intervenants extérieurs", quand la règle en vigueur indique une "interdiction" des "invités extérieurs" pour les "réunions internes".

Florian Bachelier, premier questeur (LaREM) chargé de la gestion de l'institution, précise que des invités peuvent se rendre à la questure pour des réunions de travail.

Mardi dernier, à l'initiative des députés LaREM Gaël Le Bohec et Bénédicte Pételle, un tel "petit déjeuner" s'est tenu sur le projet de loi séparatisme avec des intellectuels et théologiens.

"Il y a eu trois rencontres" et "on prenait le café à l'extérieur, la salle était très grande", souligne Bénédicte Pételle. "C'est comme dans toutes les commissions quand il y a un intervenant".

Une source syndicale juge "regrettable que les députés s'autorisent un certain nombre de libertés alors que les restaurateurs sont contraints de fermer boutique".

"On tient bon sur la sur-exemplarité"

Mais à l'Assemblée, "c'est plus strict que dans n'importe quelle organisation, on tient bon sur la sur-exemplarité", insiste Florian Bachelier.

"Les déjeuners, les dîners de travail sont autorisés pour l'ensemble des Français, dans l'ensemble des entreprises de notre pays" et aussi "à l'Assemblée", a souligné devant la presse le patron des députés LaREM Christophe Castaner. Il était interrogé sur les déjeuners et dîners de travail à l'Elysée en début de semaine, après le test positif d'Emmanuel Macron au Covid jeudi.

L'Assemblée avait été un foyer épidémique au printemps. Elle a durci ses règles en octobre, en plus de la demi-jauge déjà instaurée en commission et dans l'hémicycle.

Article original publié sur BFMTV.com