«Est-ce que je quitte le navire ?» : faute de moyens, à l'hôpital, les démissions s'enchaînent

Pas assez de temps, d'argent, de matériel, de lits, de bras... À l'hôpital , le personnel n'en peut plus de se serrer la ceinture. Alors, ils sont de plus en plus nombreux à démissionner, faute de conditions de travail décentes. Rien qu'en 2020, plus de 12.000 infirmiers et aides soignants ont claqué la porte de l'hôpital public et une grande partie a décidé de fuir dans le secteur privé. Pire, selon un sondage de l'Ordre national des infirmiers, 29% [des infirmiers] espèrent quitter leur profession d'ici à un an. Des démissions à la chaîne qui se propagent également chez les médecins, qui n'hésitent plus à se questionner sur leur rôle au sein de l'infrastructure.

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"Est-ce que je suis complice ?"

Et pour cause, en 35 ans de carrière en CHU, le professeur Pascal Boileau a vu peu à peu les gestionnaires remplacer les médecins à la tête des administrations hospitalières. Une politique du chiffre qu'il juge à l'origine de l'effondrement des conditions de travail et du manque de personnel. "Vous ouvrez la boutique tous les matins et au lieu d'avoir dix employés, vous en avez que sept ou huit parce qu'il y en a deux ou trois qui sont en burn-out", regrette-t-il au micro d'Europe 1.

Résultat, "je me suis retrouvé avec des patients qu'on ne pouvait pas opérer pendant six, sept ou huit jours. Et forcément, un matin, vous vous regardez dans la glace et vous vous dites : 'Est-ce que je suis complice ou est-ce que je quitte le ...


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