Quiriny – La « cancel culture » peut mieux faire

Par Bernard Quiriny
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Extrait du dessin animé « Dragon Ball Z », en 1989.  
Extrait du dessin animé « Dragon Ball Z », en 1989.

L'une des caractéristiques de notre époque délirante est que le départ est chaque jour moins facile à faire entre les vraies nouvelles et les fausses, les informations et les gags. Le 1er avril est un bon moment pour le vérifier. Chacun sait qu'il y a ce jour-là des poissons d'avril dans la presse ; or, on ne les distingue plus désormais du premier coup d'?il. Je me suis fait piéger ce matin : des papiers gags m'ont paru très sérieux, et des papiers sérieux m'ont paru des gags.

Exemple, cet article dans Marianne sur le bannissement par une chaîne espagnole du manga Dragon Ball Z, suspecté d'enfreindre une loi régionale contre les contenus sexistes. J'ai cru à une farce, avant de m'apercevoir que le papier datait non du 1er avril, mais de la veille. Une brève enquête m'a permis de constater que les noms des protagonistes mentionnés dans le papier sont vrais, et que l'affaire est évoquée aussi dans des médias étrangers. Je reste sur mes gardes, mais mon assurance est ébranlée.

On a coutume de dauber la cancel culture, le mouvement woke et leurs exploits, mais il faut leur reconnaître ce mérite : ils parviennent toujours à nous surprendre, mettant leur nez où on l'attend le moins, dans les objets les plus anodins. C'est même pour eux une sorte de principe : plus c'est anodin, plus c'est important. L'esclavagisme moderne, les génocides à l'autre bout du monde, les conditions de vie des maçons qui édifient les stades de la prochaine coupe du monde sont des nèfles [...] Lire la suite