Ce qu'il s'était passé lors des manifestations en soutien aux Palestiniens en 2014

·4 min de lecture
Des heurts étaient survenus au cours d'un rassemblement organisé à Sarcelles le 20 juillet 2014 en soutien au peuple de Gaza, une manifestation pourtant interdite à l'époque par la mairie. - Pierre Andrieu
Des heurts étaient survenus au cours d'un rassemblement organisé à Sarcelles le 20 juillet 2014 en soutien au peuple de Gaza, une manifestation pourtant interdite à l'époque par la mairie. - Pierre Andrieu

C'était il y a sept ans. La préfecture de police de Paris a annoncé jeudi l'interdiction de la manifestation pro-palestinienne, initialement prévue pour samedi après-midi. La mesure a été prise à la demande de Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur s'appuyant sur les "graves troubles à l’ordre public [...] constatés en 2014".

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

"Nous ne devons pas revivre les scènes ignobles de 2014 dans les rues de Paris", a déclaré ce vendredi le locataire de Beauvau en déplacement à Lille, ajoutant disposer de renseignements ne permettant pas à cette manifestation de se dérouler "dans de bonnes conditions".

Plusieurs manifestations pro-Palestine s'étaient tenues à l'été 2014 en France et notamment à Paris au cours desquelles des débordements avaient alors été constatés. Retour sur les affrontements survenus à l'époque.

Été 2014: la guerre de Gaza éclate

Un rappel du contexte s'impose en premier lieu. L'été 2014 est marqué au Proche-Orient par la guerre opposant Israël et le Hamas établi dans la bande de Gaza. Plusieurs causes à l'origine de celle-ci mais celle qui ressort d'abord est l'enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens par le mouvement islamiste armé.

S'en suit alors un conflit armé entre l'Etat hébreu et les forces paramilitaires palestiniennes, des raids israéliens et des tirs de roquettes depuis Gaza vont alors avoir lieu de juillet à fin-août. Face à cette recrudescence de violences, plusieurs rassemblements ont lieu en France à partir du 12 juillet en soutien aux civils de la bande de Gaza.

13 et 19 juillet 2014: des violences à Paris

Le 13 juillet 2014, une première manifestation se tient à Paris au cours de laquelle de premiers heurts ont lieu en fin de cortège sur la rue de la Roquette (11e arrondissement) aux abords de Bastille. Des échauffourées surviennent alors entre manifestants, pro-israéliens et forces de l'ordre près d'une synagogue.

En réponse à ces violences, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve, demande à la préfecture de police de Paris d'interdire une autre manifestation pro-palestinienne, prévue pour le samedi 19 juillet 2014.

"La République n'est pas compatible avec la haine; la République n'est pas compatible avec la xénophobie. L'antisémitisme ne peut pas parler une seconde fois parce qu'on sait ce à quoi il a abouti", justifie le ministre à ce moment-là.

Un référé liberté est introduit mais rejeté par la justice administrative, une bonne partie de la gauche s'indigne alors de cette interdiction. Des manifestants bravent toutefois celle-ci et se retrouvent au nord de Paris dans le quartier de Barbès. Un rassemblement illégal qui dégénère rapidement en affrontements avec les forces de l'ordre.

Propos antisémites, jets de projectiles, grenades lacrymogènes, saccage de mobiliers urbains... Bilan: une quarantaine de personnes interpellées et une quinzaine de policiers blessés. D'autres rassemblements se sont toutefois tenus le même jour en France dans une ambiance calme.

20 juillet 2014: une scène de guérilla urbaine à Sarcelles

Au lendemain de ces affrontements, de nouveaux ont lieu cette fois à Sarcelles (Val-d'Oise). Malgré une nouvelle interdiction décidée cette fois par la mairie de la commune, des heurts ont opposé certains manifestants avec les forces de l'ordre, comme à Paris la veille.

Voitures incendiées, commerce pillé, pharmacie vandalisée... La manifestation se transforme en émeute et une épicerie casher est notamment visée. Le Premier ministre Manuel Valls réagira alors en qualifiant cette scène d'"intolérable".

"Rien en France ne peut justifier la violence, rien ne peut justifier qu'on s'en prenne à des synagogues, à des épiceries, des magasins, des institutions juives", ajoutera le chef du gouvernement.

23 juillet 2014: manifestation dans le calme à Paris

Le ministre de l'Intérieur, interrogé quelques jours plus tard, défendra la décision prise d'interdire ces manifestations: "Ce n'est pas l'interdiction qui a entraîné les heurts."

Trois jours plus tard, une nouvelle manifestation est organisée le mercredi 23 juillet 2014 par le Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Autorisé, ce rassemblement qui réunit entre 15.000 et 250.000 participants se passe globalement dans le calme.

Pas de manifestation autorisée cette fois-ci, ce qui n'empêche pas les autorités de se prémunir en cas de débordements samedi: Gérald Darmanin a annoncé ce vendredi que de "très nombreux" policiers et gendarmes seront mobilisés pour "protéger la voie publique parisienne et et nos compatriotes".

Article original publié sur BFMTV.com