Qui est Sophie Pétronin, l'otage française au Mali tout juste libérée ?

Maxime Poul
·4 min de lecture
Après 1381 jours de détention, soit près de 4 ans, Sophie Pétronin a été libérée par ses ravisseurs djihadistes.

Comme l’avait annoncé son entourage familial, l’otage française Sophie Pétronin a été libérée par ses ravisseurs. Qui est cette Franco-Suisse qui a passé près de 4 ans aux mains de groupes armés maliens ?

Enlevée le 24 décembre 2016 à Gao (Mali), Sophie Pétronin vient de retrouver la liberté. Âgée de 75 ans, elle était la dernière otage française prisonnière dans le monde, elle qui avait été enlevée la veille de Noël par des hommes armés dans le Nord du Mali.

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Sophie Pétronin découvre la ville de Gao en 1996 avant de s’y installer définitivement en 2001. Originaire de Bordeaux, elle est laborantine de formation avant de se spécialiser en médecine tropicale et en malnutrition. C’est pourquoi en 2004, elle crée une fondation d’aide aux enfants au Mali, l’AAG (Association d’aide à Gao) et s’intègre parfaitement localement et adopte même une fille. Elle est appréciée de la population qui reconnaît son engagement en faveur des orphelins et des enfants qui souffrent de malnutrition. C’est en tout cas ce que racontait une employée du centre fondée par la septagénaire au Parisien, juste après son enlèvement : “Tout Gao pleure Sophie. Depuis qu’on a plus Sophie, Gao est triste”.

“Ce que je vais faire dans votre océan de misères n’est pas grand-chose, mais une vie sauvée est une vie qui vit. Les enfants sont innocents, ils ont le droit de grandir et de se construire pour devenir des hommes et des femmes capables de s’intégrer dans une société qui n’est pas facile à vivre”, raconte-t-elle dans son livre Le Fil de lumière pour justifier son choix de vie et son installation dans la région.

Une première tentative d’enlèvement

Déjà en 2012, Sophie Pétronin échappe de peu à un enlèvement. Des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) profitent du coup d’État contre le président de l’époque Amadou Toumani Touré pour s’attaquer à Gao. La Franco-Suisse parvient à se réfugier au consulat d’Algérie et s’enfuit par une porte dérobée et échappe aux djihadistes et indépendants touaregs, contrairement aux diplomates algériens. Aidée par une famille qui lui procure déguisement et logistique, elle parvient à être exfiltrée et regagne la France. Bien que consciente des risques d’attentats et d’enlèvements à l’encontre des Occidentaux, elle décide de retourner à Gao dès l’année suivante.

Mais trois ans après son retour, le 24 décembre 2016, elle est capturée à Gao par des éléments du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) affiliés à Al-Qaïda.

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Mais ce n’est que plus de 6 mois après sa “disparition”, le 1er juillet 2017, que l’enlèvement est revendiqué par le GSIM qui diffuse une vidéo dans laquelle apparaît Sophie Pétronin aux côtés de cinq autres otages. Une vidéo dans laquelle un homme évoque le fait qu’elle espère que le président français, Emmanuel Macron, aidera à son retour auprès de sa famille. Ses ravisseurs l’accusent alors de “prosélytisme religieux”

“Elle dit autant ‘que Dieu vous bénisse’ que ‘inch Allah’”

“Elle est croyante. Mais elle n’a jamais essayé de convertir qui que ce soit. Elle dit autant ‘que Dieu vous bénisse’ que ‘inch Allah’”, raconte son fils Sébastien dans des propos relayés par Le Monde. Pendant la durée de sa captivité, Sébastien se bat avec les responsables français et les relations sont tendues en raison de l’inaction de l’État : “En tant que fils d’otage, je trouve évidemment scandaleux de laisser une ressortissante française dans les griffes des djihadistes sans rien faire. Mais si c’est le choix de l’État français de ne pas discuter avec eux et de mener cette guerre sans se soucier d’elle, alors il faut que Macron le dise ouvertement”, déclare-t-il.

Tout finit par s’arranger entre le fils de Sophie Pétronin et Emmanuel Macron, après que le chef de l’État prononce pour la première fois publiquement le nom de sa mère lors d’une cérémonie en mai 2019, ce qui lui a valu les remerciements de Sébastien.

Alors que son fils déclarait lundi soir à Libération que “le dénouement n’a jamais été aussi proche”, Sophie Pétronin va pouvoir retrouver sa famille et Sébastien qui n’a jamais lâché le combat, après 1381 jours de détention.

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