Qui est Piotr Pavlenski, qui revendique la diffusion d’une vidéo intime de Benjamin Griveaux ?

Piotr Pavlenski, l'artiste et activiste russe qui a diffusé une vidéo à caractère sexuel de Benjamin Griveaux.

Benjamin Griveaux (LREM) s’est retiré de la course à la mairie de Paris après la diffusion d'une vidéo à caractère sexuel par Piotr Pavlenski, un artiste russe qui a déjà réalisé quelques “coups” politiques.

À un mois du premier tour des élections municipales, Benjamin Griveaux, le candidat LREM à la mairie de Paris, a retiré sa candidature en raison de la publication sur internet de vidéos à caractère sexuel le concernant. L’auteur de l'article qui révèle les vidéos à caractère sexuel du désormais ex-candidat LREM n’est autre que Piotr Pavlenski, un artiste et activiste russe qui n’en est pas à sa première frasque politique, lui qui est connu pour ses actions spectaculaires.

Il dénonce la malhonnêteté de Griveaux

Libération raconte avoir reçu un appel de Piotr Pavlenski jeudi soir, pour expliquer les raisons de son geste : “C'est quelqu'un qui s'appuie en permanence sur les valeurs familiales, qui dit qu'il veut être le maire des familles et cite toujours en exemple sa femme et ses enfants. Mais il fait tout le contraire. Ça ne me dérange pas que les gens aient la sexualité qu'ils veulent, ils peuvent même baiser des animaux, pas de problème, mais ils doivent être honnêtes. Mais lui veut être le chef de la ville et il ment aux électeurs. Je vis désormais en France, je suis Parisien, c'est important pour moi.”, rapporte le journal, qui raconte également que l’activiste russe de 35 ans affirme tenir cette vidéo “d'une source qui avait une relation consentie avec Benjamin Griveaux”.

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Il serait recherché par la police

Quelques heures après l’annonce officielle du retrait de Benjamin Griveaux des élections municipales de Paris, Mediapart révèle que Piotr Pavlenski serait recherché par la police depuis le mois de janvier pour des faits de violences volontaires. Il aurait blessé 2 personnes avec un couteau lors d’une rixe le 31 décembre dernier, lors d’une soirée privée co-organisée par Juan Branco.

De nombreuses automutilations

Mais s’il y a bien une chose pour laquelle l’artiste russe est célèbre, c’est pour ses actions aussi spectaculaires que douloureuses. L’homme se fait connaître en juillet 2012, lors du procès des membres du groupe punk Pussy Riot, lorsqu’il se coud les lèvres pour protester contre leur incarcération.

Depuis, il multiplie les actions de ce type pour faire entendre sa voix pour lutter contre l'oppression du pouvoir sur les mentalités. En 2013, il s'enroule nu dans des fils barbelés devant l'Assemblée législative de Saint-Pétersbourg pour protester contre des lois.

Toujours en 2013, il se cloue la peau des testicules sur le pavé de la place Rouge, à Moscou pour dénoncer l'apathie de la société russe.

En 2014, il se coupe une partie de l'oreille droite assis, nu, sur le mur d’un institut psychiatrique, pour manifester contre l'utilisation politique des centres de psychiatrie.

Inspiré par Van Gogh, l'artiste russe se coupe le lobe de l'oreille dans le but dénoncer les pratiques psychiatriques en Russie.

Réfugié politique en France

En décembre 2016, l’actionniste est accusé, ainsi que sa compagne, de violences sexuelles sur une comédienne en Russie. Il est alors interrogé par la police et risque dix ans de prison ferme. Se disant victime d’une machination de l’Etat, il avait déclaré à Franceinfo : “Les autorités me poursuivent, essayent d’utiliser la psychiatrie. Parce que depuis 2012 se joue, entre le pouvoir et moi, une lutte pour la dénomination auprès de l’opinion publique. Le pouvoir cherche à faire de moi soit un fou, soit un criminel, ou un destructeur des valeurs culturelles, mais ne veut pas surtout pas m’appeler artiste”. Il décide alors de fuir la Russie, où il est habitué aux courts séjours en prison, et rejoint l’Ukraine dès le lendemain de ces accusations. Il arrive en France un mois plus tard, dans le but de demander l’asile politique.

La Banque de France en feu

Piotr Pavlenski n’a pas tardé à se faire remarquer en France. En 2017, sur la place de la Bastille, il décide de mettre le feu à une succursale de la Banque de France pour dénoncer le pouvoir de la finance. Il avait alors déclaré “Les banquiers ont pris la place des monarques” et avait nommé son œuvre Éclairage. Œuvre pour laquelle il avait été condamné à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis il y a à peine plus d’un an, en janvier 2019.

Richard Malka, l’avocat de Benjamin Griveaux, a confié a 20 Minutes qu’il allait engager des poursuites pour “atteinte à la vie privée”. Il entend se fonder notamment sur l’article 9 du Code civil et surtout sur l’article 226-2-1 du Code pénal qui punit de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 euros d’amende “toute personne qui en l’absence d’accord de la personne pour la diffusion, porte à la connaissance du public ou d’un tiers tout enregistrement ou tout document portant sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel”. Piotr Pavlenski risque donc une nouvelle condamnation en France, après celle de janvier 2019.

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