Qui est Peng Shuai, la joueuse de tennis chinoise dont la disparition suscite l'inquiétude ?

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Shuai Peng, en octobre 2017. (Photo GREG BAKER / AFP)
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Âgée de 35 ans, elle n'a pas donné de nouvelles rassurantes depuis qu'elle a accusé un ex-haut dirigeant chinois de l'avoir contrainte à une relation sexuelle.

"Où est Peng Shuai ?" C'est la question que le monde du tennis, rejoint par plusieurs institutions nationales, se pose depuis plusieurs jours, après la disparition inquiétante de l'ancienne joueuse de tennis chinoise Shuai Peng.

Début novembre, l'ancienne numéro 1 mondiale de double et 14e mondiale en simple, qui s'est notamment distinguée en remportant Roland-Garros en double, accuse sur les réseaux sociaux l'ancien vice-Premier ministre Zhang Gaoli, qui a été de 2013 à 2018 l'un des sept hommes politiques les plus puissants de Chine, de l'avoir contrainte à une relation sexuelle.

Des accusations supprimées des réseaux sociaux chinois

Cette accusation a été brièvement postée le 2 novembre sur le compte officiel Weibo, équivalent chinois de Twitter, de la joueuse. La Chine a ensuite très vite bloqué toute référence à ce message.

Il faut plusieurs jours avant que la communauté du tennis ne s'inquiète du sort de Shuai Peng, avec le #WhereIsPengShuai notamment sous l'influence de plusieurs stars du tennis dont Serena Williams et Naomi Osaka, ainsi que la puissante WTA, l'association des joueuses de tennis, qui demande des éclaircissements sur la situation de la joueuse.

Un mail à l'authenticité douteuse

Face à l'inquiétude, la chaîne d’Etat chinoise CGTN dévoile, le 17 novembre, la capture d’écran d’un mail attribué à Peng Shuai, que la joueuse aurait envoyé à la direction de la WTA, et qui dément les accusations d’agression sexuelle.

Un mail dont l'authenticité est douteuse aux yeux de nombreux internautes, en raison notamment d'un curseur visible sur le message diffusé par CGTN, un phénomène inexplicable pour une capture d’écran. Un courriel dont l'authenticité est remise en cause par Steve Simon, le patron de la WTA, qui gère le circuit professionnel féminin de tennis. "Je ne crois pas du tout que ce soit la vérité", a-t-il affirmé sur CNN, qualifiant de "mise en scène" le courriel en question. "Si elle a été contrainte de l’écrire, si quelqu’un l’a écrit pour elle, nous ne le savons pas (…) mais tant que nous ne lui aurons pas parlé en personne nous ne serons pas rassurés.

"La France préoccupée"

Le patron de la WTA menace même de retirer de Chine les compétitions de tennis féminin, si Pékin ne tire pas l’affaire au clair. "Parce que ce sont [des accusations de viol et que c’est] plus important que les affaires".

Une déclaration du patron du tennis féminin qui donne un écho international à la mobilisation, qui dépasse le monde du tennis. Vendredi 19 novembre, l’ONU demande des preuves que la championne de tennis chinoise va bien. "Il serait important d’avoir des preuves sur le lieu où elle se trouve et de savoir si elle va bien. Et nous demandons instamment qu’une enquête soit menée en toute transparence sur ces allégations d’agression sexuelle", a affirmé Liz Throssell, une porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Le même jour, la France se dit "préoccupée".

La Chine dit "tout ignorer de cette affaire"

Plusieurs porte-paroles du ministère chinois des affaires étrangères ont dit tout ignorer de cette affaire qu’ils ont refusé de commenter, arguant qu’il ne s’agissait pas d’un dossier diplomatique. Selon CNN International, son signal est coupé en Chine à chaque fois que l'affaire Peng Shuai est évoquée sur son antenne, signe de la gêne du pouvoir chinois vis-à-vis de la situation de l'ancienne joueuse de tennis.

Une affaire qui pourrait donner un peu plus de poids à l'idée de boycott diplomatique des Jeux Olympiques d'hiver à Pékin en 2022, envisagée par Joe Biden pour protester contre les violations des droits de l’Homme en Chine, et notamment le sort réservé aux Ouïghours.

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