Qui est Aurélien Pradié, le député qui claque la porte des Républicains, un "parti mort" ?

Deux semaines après l’alliance d’Éric Ciotti avec le RN, l’ex-numéro 2 des Républicains a décidé de quitter le parti.

Député sortant du Lot, Aurélien Pradié, 36 ans, a annoncé ce matin qu'il quittait Les Républicains (Philippe LOPEZ / AFP) /
Député sortant du Lot, Aurélien Pradié, 36 ans, a annoncé ce matin qu'il quittait Les Républicains (Philippe LOPEZ / AFP) /

Il quitte son parti à quatre jours des législatives. Aurélien Pradié, ancien vice-président des Républicains a annoncé sa décision dans une interview à La Dépêche ce lundi 26 juin. Candidat à sa réélection comme député de la 1ère circonscription du Lot, il dit vouloir "reprendre [sa] liberté" et se présente désormais sous les couleurs du micro-parti "Du Courage", qui rassemble 30 candidats.

"LR est dans une situation inextricable. Le gaullisme n’est pas mort, il est plus vivant que jamais mais LR est mort. (…) Le parti auquel j’appartenais n’est plus capable de parler aux Français."

Né à Cahors, dans le Lot, en 1986, Aurélien Pradié quitte ses études de droits et devient à 22 ans le 2e plus jeune conseiller général de France derrière Jean Sarkozy.

En 2014, il est élu maire de Labastide-Murat, puis devient conseiller régional d'Occitanie l'année suivante. Déjà proche de Xavier Bertrand depuis plusieurs années, il est investi par les Républicains pour les élections législatives de 2017 et devient un des plus jeunes députés de l'histoire du Lot, avant d'accéder au poste de secrétaire général des Républicains en 2019. Mais il est déjà sceptique sur l'avenir de son propre parti.

"C’est ma famille politique. Ma première carte que j'ai pris, c'était l'UMP, c'était chez Les Républicains. Et quand je m'engage tout gamin à droite, c'est parce que la droite porte ce message populaire que je souhaite moi aussi porter (…). C'est de l'intérieur qu'il faut que je change les choses. La facilité, ce serait de me barrer. (…) La droite ne parle plus à personne", estimait-il auprès de Franceinfo en 2023.

En 2022, il est réélu député avec 64 % des voix. Porte-parole de Valérie Pécresse pour les présidentielles de la même année, il échoue face à Éric Ciotti pour prendre la tête de son parti.

La rupture entre Aurélien Pradié et Les Républicains a eu lieu "au moment de la réforme des retraites", explique l’intéressé à La Dépêche. Le député s'est en effet vivement opposé à la réforme d’Emmanuel Macron portant l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. "Nous étions 19 députés LR à voter pour la motion de censure".

Éric Ciotti, alors président des Républicains, lui retire alors ses fonctions de vice-président obtenues deux mois plus tôt, en janvier 2023.

Un geste "inélégant et blessant" selon Aurélien Pradié, auprès de Franceinfo. "L'épisode des retraites a permis aussi, pour moi, d'affirmer un caractère", ajoutait le jeune député du Lot.

Une déconvenue de plus pour le député gaulliste, qui souhaitait représenter "l’aile sociale" des Républicains ; il s’était notamment engagé sur les questions du handicap, des violences faites aux femmes et de la pauvreté – avec la défense d'un "revenu vital" universel à 715 euros pour remplacer les aides sociales existantes.

Ce dimanche, après avoir quitté Les Républicains, le candidat de 38 ans fera cavalier seul dans la 1ère circonscription du Lot, face à ses opposants de Renaissance, du RN et du Nouveau Front Populaire. "La vie politique est faite de partis qui meurent et qui renaissent. Ce qui compte, c’est que les idées ne meurent pas", confiait-il ce mercredi matin.