Les queues des comètes ne sont jamais vertes et l'on sait enfin pourquoi

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Pour nos ancêtres, elles annonçaient des catastrophes. Ou au moins de grands changements. Puis les scientifiques nous ont appris que, bien que leur potentiel destructeur reste avéré — mais qu’elles soient aussi soupçonnées d’avoir apporté sur Terre, les ingrédients de la vie —, les comètes n’ont rien de surnaturel. Elles trouvent leur source, pour les unes, celles à courte période, dans la ceinture de Kuiper — une région située au-delà de l’orbite de Neptune —, pour les autres, dans le nuage d’Oort, bien plus loin encore.

Les astronomes qui les observent depuis des siècles ont noté que ces amas de glace, de roches et de poussière ont tendance à se colorer d’un vert qui s’éclaircit au fur et à mesure qu’elles s’approchent de notre Soleil. Mais que ce vert ne s’étend jamais jusqu’à leurs queues.

Dans les années 1930, un physicien germano-canadien, Gerhard Herzberg (1904-1999) — il a remporté le prix Nobel de chimie en 1971 pour ses travaux sur la structure électronique et la géométrie des molécules — a suggéré une explication. La lumière du Soleil détruirait le carbone diatomique (C2) justement issu de l’interaction entre cette même lumière et la matière organique contenue dans la tête des comètes. Mais l’instabilité du C2 avait jusqu’alors empêché de tester cette théorie. Jusqu’alors parce que des chercheurs de l’université de Nouvelle-Galles du Sud (Australie) viennent de trouver le moyen de tester cette réaction chimique en laboratoire.

La belle couleur verte de la comète C/2014 Q2 (Lovejoy) est due au carbone diatomique. © Paul Stewart, Wikipedia, CC by-sa 2.0
La belle couleur verte de la comète C/2014 Q2 (Lovejoy) est due au carbone diatomique. © Paul Stewart, Wikipedia, CC by-sa 2.0

Du carbone diatomique dans la tête, mais pas quand les queues

Avant de rentrer dans le détail de leurs travaux, précisons que le dicarbone n’existe que dans des environnements extrêmement énergétiques ou pauvres en oxygène. Une étoile, le milieu interstellaire ou… une comète. Mais pas tant que cette dernière est éloignée de notre Soleil. C’est bien sa chaleur qui permet de briser en C2 la matière organique —...

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