Questions au gouvernement: ambiance électrique à l'Assemblée pour Borne et son équipe

Les députés à l'Assemblée nationale le 12 juillet 2022 . - BFMTV
Les députés à l'Assemblée nationale le 12 juillet 2022 . - BFMTV

L'ambiance était électrique ce mercredi après-midi, au Palais Bourbon. Pour la première fois, la Première ministre Élisabeth Borne se frottait à une séance de "questions au gouvernement", particulièrement attendue. C'est la cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, qui a ouvert les hostilités.

Borne reprend Le Pen

En guise de prolégomènes, la finaliste des deux dernières élections présidentielles a interpellé la cheffe du gouvernement sur l'expulsion des étrangers reconnus coupables d'actes graves par la justice, qu'elle interprète comme une volonté du gouvernement de se rapprocher de son parti.

"Je salue ce pas vers nous car nous défendons cette mesure depuis de décennies. […] Chacun constatera que la même promesse faite par le même Gérald Darmanin en mai 2021 n’avait pas été suivie d’effets, mais nous pouvons d'ores et déjà vous dire que nous voterons cette mesure dès demain", a-t-elle poursuivi.

À cela, la Première ministre a rétorqué que son objectif n'était pas d'aller chercher les voix du parti d'extrême-droite.

"Je vous le confirme: je n’irai pas chercher les voix du RN. Il y aura toujours une chose qui s’interposera entre nous. Cela s’appelle les valeurs", a-t-elle dit.

Ambiance explosive et remontrances

L'ambiance était posée, puis s'est encore plus rafraîchie lorsque la députée insoumise Danielle Simonnet a interpellé le gouvernement sur les révélations faites par Le Monde concernant la relation entre Emmanuel Macron et la société Uber.

"Un ministre de la République aurait donc servi une plateforme américaine?", a-t-elle déclaré. Avant de déclarer, "servir la République, ce n'est pas l'asservir. Il est grand temps d'imposer la séparation des lobbies et de l'État", a-t-elle attaqué.

Une sortie, sur la forme, qui a déplu à la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui a repris de volée l'élue, lui rappelant qu'il était de coutume de saluer la présidence de l'Hémicycle.

"Je vous précise, madame Simonnet, qu'il est d'usage de saluer la présidence", a-t-elle dit.

La députée a également réagit aux derniers propos d'Emmanuel Macron. "Le Masculinisme & la grossièreté on les lui laisse (...) Il assume d’être le VRP des lobbys, il n'a pas à être là pour faire le passe-plat", tacle-t-elle.

Au fil de l'après-midi, Yaël Braun-Pivet a du a plusieurs reprises reprendre les députés, parfois trop bruyants. "Mes chers collègues, nous ne sommes pas dans une manifestation, nous sommes à l'Assemblée nationale", a-t-elle dit.

Les ministres défendent leur bilan

Quelques minutes plus tard, c'est le ministre du Budget Gabriel Attal qui s'en est pris aux députés LR, et notamment à Fabrice Brun, qui l'interrogeait sur le prix de l'essence et "l'inflation galopante".

"Vous nous avez accusé de cramer la caisse, mais vous voulez faire sauter la banque", a lancé Gabriel Attal, avançant que les mesures proposées dans les rangs de l'opposition aurait pour conséquence une augmentation majeure de la TVA.

Attaquée sur la gestion des canicules et sur le nucléaire, la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a rétorqué en rappelant qu'elle participait à un "gouvernement de responsabilité."

"J'espère que vous nous aiderez à voter les textes. (...) Plutôt que de vociférer sur les bancs, venez avec nous trouver des solutions", attaque-t-elle.

Des députés "dans l'incantation" ou "dans l'action"?

Son élection avait beaucoup fait parler. L'ancienne femme de chambre et désormais députée Nupes du Val-de-Marne Rachel Keke, prenait pour la première fois ce mardi la parole au sein de l'Hémicycle.

"Ce n’est pas avec des primes et des chèques que l’on paie son loyer. Ce n’est pas avec des primes et des chèques que l’on nourrit ses enfants mais en revalorisant les salaires", a-t-elle dit.

À cela, Olivier Dussopt, ministre du Travail, a répondu que les députés de la Nupes étaient "dans l’incantation, nous sommes dans l’action."

Article original publié sur BFMTV.com

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