"Question trans": les colleuses contre les féminicides se divisent et toutes les femmes sont menacées - BLOG

Pauline Arrighi
Quel sens auraient les listes paritaires en politique, les programmes ciblés pour créatrices d’entreprises et femmes scientifiques, les compétitions sportives féminines… si des hommes peuvent s’y imposer d’une simple déclaration d’identité? (image d'illustration)

Le collectif de colleuses d’affiches contre les féminicides se divise autour de la “question trans”. Il s’agit bien plus que d’une querelle de chapelles: au-delà du groupe des colleuses, c’est l’avenir du féminisme et des politiques d’égalité qui est en jeu. 

La polémique a débuté lorsque des activistes ont profité de la visibilité de la méthode des collages pour imposer leurs propres slogans.

Leur propos était de condamner –en l’occurrence au “bûcher”- les dénommées “TERFs”, acronyme signifiant: Trans Exclusionary Radical Feminist. De nombreuses féministes en effet considèrent que les personnes trans ne devraient pas être incluses dans les espaces réservés aux femmes et ne devraient pas être au centre de l’agenda féministe.

Les “femmes trans” sont-elles des femmes? Autrement dit, suffit-il de s’autoproclamer femme pour pouvoir exiger d’être considérée comme telle?

Comment une société peut-elle défendre les droits des femmes et œuvrer à l’égalité si le mot “femme” change de définition?

Selon les féministes radicales et matérialistes, les femmes sont tout d’abord des êtres humains femelles. Elles ont un double chromosome X et, sauf malformation ou anomalie, elles ont un appareil génital qui permet la gestation et l’accouchement d’un enfant.

Les caractéristiques physiques liées à la procréation correspondent au sexe biologique, notion distincte de celle de “genre”, qui désigne une construction sociale, et plus exactement un système d’oppression qui organise l’humanité en deux groupes, l’un dominant et exploitant l’autre.

Cette exploitation des femmes est intrinsèquement liée à leur biologie. Dans nos sociétés, les petites filles sont éduquées différemment des petits garçons; en raison de leur sexe de fille. Les femmes sont collectivement et individuellement dévalorisées et réduites à un statut d’objet sexuel et de pourvoyeuse de soins; en raison de leur sexe de femme.

Or les transactivistes, ennemis des “TERFs”, ont une tout autre définition de ces termes. Pour eux, le...

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