Qu’est-ce que le "syndrome de La Havane", ce mal mystérieux qui touche des officiels américains ?

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Des vertiges et des problèmes de coordination ont été observés

L’Autriche et les États-Unis enquêtent sur des problèmes de santé apparus chez des diplomates et autres responsables américains à Vienne. Ils sont atteints de symptômes similaires au "syndrome de La Havane".

On connaît son existence depuis 2016, mais encore aujourd’hui, il reste mystérieux. Le "syndrome de La Havane" tient son nom du lieu de son identification, à Cuba. Des employés de l'ambassade américaine de l’État insulaire des Caraïbes ont alors manifesté divers problèmes de santé. Pour tirer cette histoire au clair, l'Académie des Sciences de Washington a enquêté et rendu un rapport en août 2020.

L'Autriche et les États-Unis ont indiqué samedi enquêter sur des problèmes de santé chez des diplomates et autres responsables américains à Vienne, atteints de symptômes similaires.

Vertiges, problèmes de coordination…

Entre 2016 et 2018, une cinquantaine de personnes qui travaillent à l’ambassade américaine de Cuba ont rapporté souffrir de divers symptômes : des fortes migraines, des nausées, des acouphènes, des troubles visuels et cognitifs, des problèmes d’équilibre et de vertiges et une irritabilité excessive. Tous ces symptômes avaient d’abord été mis sur le dos du bruit lancinant des criquets ou encore de problèmes psychosociologiques liés à l’étroite surveillance de l’appareil de sécurité d’État cubain.

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Mais le rapport de l’Académie des Sciences de Washington estime que la cause la plus probable du "syndrome de La Havane" est… "l’énergie de radiofréquence dirigée et pulsée". À partir du récit de 45 personnes présentes à Cuba, les scientifiques ont ainsi estimé que le responsable des maux était des sources d’énergie à micro-ondes courantes, comme celles émanant d’un téléphone portable. Ces fortes ondes auraient pu être dirigées sur les résidences des diplomates états-uniens, les rendant inaptes au service.

Une technologie développée à Moscou ?

Le rapport de l’Académie contient tout de même certaines failles. Les patients ne signalent pas tous les mêmes symptômes et la variabilité des incidents laisse ouverte l’influence possible de "facteurs psychologiques et sociaux". Certaines victimes pourraient notamment être atteintes d’un état appelé "vertige postural-perceptif persistant", un trouble du système nerveux qui produit une sensation prolongée de vertige ou d’instabilité. De plus, l’Académie n’a pas pu accéder à tous les travaux de recherche, certains étant classifiés.

Au cours des dernières années, des diplomates américains et des agents de la CIA ont rapporté souffrir des mêmes symptômes en Chine et en Russie. Les soupçons sur l’origine de ce mal mystérieux se sont donc déplacés La Havane vers Moscou. La technique des micro-ondes aurait notamment déjà été utilisée contre l’ambassade américaine à Moscou pour faciliter une rencontre entre le président américain Jimmy Carter et Leonid Brejnev, le secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, en 1979. Des faits que Moscou a toujours niés. Tout comme Pékin et La Havane nient être à l’origine des symptômes du "syndrome de La Havane" observés chez des officiels occidentaux.

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