Quels sont les métiers occupés par les travailleurs immigrés ?

Photo d'illustration (Photo by PHILIPPE HUGUEN/AFP via Getty Images)
Photo d'illustration (Photo by PHILIPPE HUGUEN/AFP via Getty Images)

Face à la pénurie de main d'oeuvre dans certains secteurs, le gouvernement envisage de permettre la régularisation de travailleurs sans papiers.

Le bâtiment, l’industrie, l’informatique et les télécommunications et les infirmiers sont les secteurs où le recrutement est le plus difficile, selon une note de la Dares (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques) sur l'année 2021. Pour lutter contre la pénurie de main d'oeuvre, le gouvernement souhaite permettre la régularisation de travailleurs sans papiers.

"Une part importante de la main d'oeuvre étrangère occupe des emplois difficiles, dont les Français ne veulent pas. Quand on fait venir de la main d'oeuvre étrangère, les Français ne sont pas remplacés par des étrangers dans l'embauche, ils prennent les métiers que les Français délaissent", nous détaille Emmanuelle Auriol, économiste et membre du Conseil d’analyse économique pour lequel elle a rédigé une note en faveur d’une augmentation des travailleurs immigrés.

27% des ouvriers du bâtiment sont des immigrés

Un recours à la main d'oeuvre étrangère qui est surtout perceptible dans certains secteurs. Ainsi, selon la Dares, un emploi sur dix est occupé par un travailleur immigré. Les secteurs les plus représentés sont "les métiers aux conditions de travail plus contraignantes et/ou davantage en tension", note la Dares dans une note consacrée aux métiers occupés par les immigrés.

Ainsi, 28,4% des agents de gardiennage et de sécurité sont des immigrés, une part qui atteint 27% des ouvriers non qualifiés du bâtiment, ou encore 22% des cuisiniers, 19,3% du personnel de l'hôtellerie restauration et 17,4% des agents d'entretien.

Les métiers qui recourent le plus aux travailleurs immigrés (source : Dares)
Les métiers qui recourent le plus aux travailleurs immigrés (source : Dares)

Refuser la main d'oeuvre étrangère, "une mauvaise idée"

"Ce serait une mauvaise idée de ne pas avoir recours à la main d'oeuvre étrangère car cela entrainerait un ralentissement de l'activité économique : des restaurants pourraient fermer, des entreprises renoncer à produire davantage faute de main d'oeuvre, ou décider de délocaliser pour les plus importantes... Ce qui serait désastreux pour l'économie et la croissance", poursuit l'économiste.

D'autant, poursuit la spécialiste, que la création d'un titre de séjour "métier en tension" permettrait de lutter contre les réseaux de passeurs qui font payer des milliers d'euros l'entrée en France et le recours au travail au noir. "Un tel titre de séjour permet de lutter contre des tas d'irrégularités et d'abus, comme le travail au noir ou les entreprises qui ont fait un fond de commerce de l'emploi de clandestins, ce qui constitue une concurrence déloyale pour les entreprises qui font les choses dans les règles", argumente Emmanuelle Auriol.

L'Allemagne et l'Italie face à la pénurie de main d'oeuvre

Un manque de main d'oeuvre qui ne touche pas la France, mais une large partie des pays européens. L'Allemagne autorise les étrangers à venir s'ils peuvent fournir la preuve d'une expérience professionnelle et un contrat de travail dans le pays. Autre mesure, un plan permettant aux immigrés "tolérés", c'est-à-dire, bien intégrés, sans titre de séjour et acceptés sur le territoire, d'avoir un accès plus simplifié aux cours d'intégration et de langue professionnels.

En Italie, le recours à la main d'oeuvre immigrée permet de subvenir aux besoins de main d'oeuvre dans le secteur agricole, le BTP ou encore l'hôtellerie-restauration. Le modèle canadien, avec un système de visa incluant des critères linguistiques, de compétences, d'expérience, pourrait bientôt séduire l'Allemagne.

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