Quels projets pour les vacances à deux mois de l'été?

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Une plage proche de la Promenade des anglais à Nice le 20 février 2021 (photo d'illustration) - Valery HACHE
Une plage proche de la Promenade des anglais à Nice le 20 février 2021 (photo d'illustration) - Valery HACHE

"Est-ce que tu viens pour les vacances?" Alors que les congés de printemps viennent de s'achever dans un contexte difficile, en pleine pandémie de Covid-19, que le troisième confinement n'est pas encore officiellement terminé et que les déplacements sont toujours limités à un rayon de 10 km, l'heure est déjà pour certains des quelque 35 millions de Français qui partent chaque été à la préparation des vacances.

"Pas question de refaire comme l'année dernière"

C'est le cas de Marie*, une enseignante de 46 ans et mère d'un enfant de 11 ans, qui a déjà réservé ses deux séjours estivaux. Elle a misé sur la sécurité avec des vacances en France.

"L'année dernière, on s'y était exceptionnellement pris tôt, dès le début de l'année, mais l'épidémie a bouleversé tous nos plans", raconte-t-elle à BFMTV.com.

Dès l'hiver, elle avait en effet réservé une semaine dans un village vacances à la mer avec son fils, sa mère, sa sœur et sa nièce. Mais par crainte de la collectivité et afin de ne pas exposer la grand-mère à un possible risque de contamination, le séjour avait été annulé. La famille, qui réside en Île-de-France, s'était donc dans un second temps rabattu sur la location d'une maison, à la campagne, dans un rayon de 100 km par crainte que les déplacements ne soient encore limités.

Mais les restrictions ayant été levées juste avant l'été, Marie avait à nouveau annulé ce séjour pour finalement opter pour une location d'une semaine dans la Manche ainsi que quelques jours en Ardèche pour rejoindre le père de son fils qui y travaillait. "Mais à la dernière minute, tout était complet, se souvient-elle. On trouvait des hébergements différents au jour le jour, ce n'était pas très reposant, pas idéal pour des vacances."

Cette année, pas question pour Marie de rater ses vacances et d'attendre les annonces officielles - ce qui avait été la cause de ses nombreux changements de plan l'année dernière. "Ma mère étant vaccinée, on va pouvoir partir l'esprit tranquille dans le village vacances où nous devions aller l'été dernier", se réjouit-elle, le séjour ayant fait l'objet d'un avoir. Elle a également d'ores et déjà réservé un logement en Ardèche, où son compagnon travaillera à nouveau.

"Je ne vais pas attendre que le gouvernement tergiverse, donne des informations contradictoires pour qu'au dernier moment ils nous disent finalement 'c'est bon, vous pouvez partir en vacances'. C'est réservé, je partirai, pas question de refaire comme l'année dernière."

"Je n'ose pas m'engager"

Si Thierry Breton, le commissaire européen en charge de l'industrie et du tourisme, a déclaré que l'on pouvait en effet "commencer à se projeter pour les vacances d'été en Europe", Jean Castex, le Premier ministre, a cependant mis en garde et assuré qu'il ne s'agirait "sûrement" pas de vacances "complètement normales". Un passeport sanitaire européen est par ailleurs envisagé pour permettre les voyages en Europe. Mais la vaccination ne serait pas obligatoire, un test PCR négatif pourrait suffire.

Ce qui ne rassure pas Mélanie*, une cheffe d'entreprise de 34 ans, qui a décidé de reporter à l'automne prochain son projet de voyage en Israël avec son compagnon. Le couple a pourtant l'habitude de partir chaque été à l'étranger et s'y prend bien à l'avance pour réserver. Mais cette cette année, la jeune femme hésite.

"On se dit qu'on pourrait peut-être partir dans un pays européen, que ce serait moins compliqué, explique-t-elle à BFMTV.com. On a pensé à l'Italie. Mais j'ai peur que finalement ce ne soit plus possible, qu'il y ait une quarantaine, qu'on nous demande d'être vacciné alors que nous ne sommes pas prioritaires ou que ce soit tout simplement annulé à la dernière minute. Du coup, je n'ose pas m'engager. En plus après, pour se faire rembourser, ce n'est pas simple."

Lors du premier confinement, le couple devait déjà s'envoler pour la Pologne. Mélanie assure avoir dû batailler avec la compagnie aérienne pour conserver leurs avoirs sur leurs billets d'avion. "On a commencé à regarder pour louer une maison une semaine avec des amis en France, mais je trouve que les tarifs sont élevés." Si de nombreux groupes proposent des offres commerciales ainsi qu'une certaine souplesse avec report, annulation sans frais ou remboursement afin d'inciter à la réservation, il n'en reste pas moins que pour Mélanie, l'organisation des vacances est en pause. "On attend de voir comment les choses vont évoluer."

"Dès que je peux, je pars"

C'est également le point de vue de Ginette*, une ancienne psychologue scolaire âgée de 82 ans, qui passe sa retraite à voyager. "En moyenne tous les ans, je pars trois ou quatre fois à l'étranger et je participe à deux séjours randonnée", raconte à BFMTV.com l'octogénaire qui assure avoir "beaucoup bourlingué". Ses derniers voyages juste avant le premier confinement: Dubaï et la Norvège "pour voir les aurores boréales". L'année précédente, c'était une expédition polaire en Arctique et le Laos.

Face aux incertitudes liées à la pandémie et aux restrictions quant à la possibilité de franchir les frontières, Ginette se dit "blasée" et n'a encore rien réservé pour les prochains mois, contrairement à ses habitudes.

"J'attends de savoir à quelle sauce on va être mangé. J'espère pouvoir au moins me déplacer en France à partir du mois de juin et aller rendre visite à ma famille dans le Sud-Ouest et des amis dans l'Ariège et le Tarn-et-Garonne."

D'autant qu'elle a dû tirer une croix sur ses trois voyages qui étaient prévus l'année dernière: la Chine, la Corée du Sud et le Caucase ainsi que l'un de ses deux séjours randonnée. Mais la retraitée trépigne et ronge son frein. "J'espère surtout que je pourrai de nouveau voyager à l'étranger au mois de septembre, je n'attends que ça. Dès que je peux, je pars."

"Difficile de se projeter"

D'autres sont plus optimistes. Comme Laure*, une costumière de 34 ans, qui a quant à elle déjà réservé ses trois semaines de vacances au mois d'août dans les Pouilles, en Italie, avec son conjoint et sa petite fille de 2 ans.

"On avait envie de partir à l'étranger et ça faisait un moment qu'on regardait sans se décider, explique-t-elle à BFMTV.com. On a eu un coup de cœur et puis on s'est dit que plus on attendrait, moins on trouverait quelque chose qui nous plairait."

Le détail qui les a convaincus: la possibilité d'annuler sans frais jusqu'à mi-juin. "On a entendu les annonces plutôt favorables des autorités, on s'est dit que le tourisme allait reprendre cet été", poursuit Laure. La petite famille aimerait également partir au mois de juin, plutôt en France, mais ne parvient pas à "franchir le cap" de la réservation.

"On a l'impression que c'est trop tôt, qu'on ne pourra pas bouger. C'est vrai que cette année, ça a été difficile de se projeter et c'est toujours un peu le cas."

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Article original publié sur BFMTV.com

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