Quelles sont les 562 "espèces perdues", oubliées de la protection animale ?

HAO TONGQIAN/AP/SIPA

Des chercheurs ont pour la première fois pris la mesure des "espèces perdues" de notre monde : elles sont 562 à ne pas avoir été observées depuis plus de 50 ans. Sans certitude sur l'état de leur statut, ces espèces sont souvent oubliées des programmes de conservation. Une conséquence néfaste, pouvant conduire à leur extinction définitive.

Lorsqu'un animal est déclaré éteint, plusieurs données sont examinées : date de la dernière observation directe, fine exploration de son aire de répartition, avis des organismes locaux... Mais parfois, l'animal en question est une espèce dite "Lazare", c'est-à-dire une espèce déclarée éteinte prématurément et retrouvée des années plus tard. C'est le cas du pic à bec d'ivoire, un oiseau originaire de Cuba et du sud des Etats-Unis, déclaré éteint... à deux reprises ! Sa première extinction est annoncée par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en 1996, alors qu'il avait été vu en 1944 pour la dernière fois. En 2004, des naturalistes affirment pourtant l'avoir aperçu en Arkansas (Etats-Unis), mais les expéditions menées ne confirment pas la découverte. C'est cette fois la Fish & Wildlife Service des Etats-Unis qui confirme sa disparition en septembre 2021. Mais, coup de théâtre, l'oiseau réapparaît quelques mois plus tard, le 13 avril 2022, dans une forêt de Louisiane (Etats-Unis).

Cet exemple résume tout le casse-tête que représentent les "espèces perdues" identifiées par les chercheurs. Difficiles à observer ou suscitant peu l'intérêt des zoologues, certaines sont simplement trop méconnues pour pouvoir déterminer leur statut de conservation. Réalisée par des universités allemande et canadienne, cette étude, parue sur Animal Conservation le 16 mai 2022, est la première à quantifier plus de 500 espèces perdues parmi les vertébrés du monde, non-aperçus depuis 50 ans ou plus. Un chiffre qui pourrait être largement sous-estimé, ce pourquoi Arne Mooers, à l'origine de l'étude, déclare que "si les estimations théoriques des "taux d'extinction" en cours sont très bien, il est préférable d'examiner de près les espèces réelles."

Une majorité de reptiles concernée

Sur les 562 espèces relevées par l’étude, 257 sont des reptiles, 137 des amphibiens, 130 des mammifères et 38 sont des oiseaux. Un constat peu étonnant pour les chercheurs, qui considèrent que l’herpétofaune (les reptiles et les amphibiens) est bien moins étudiée par les biologistes que les mammifères ou les oiseaux. Le [...]

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