La quatrième gauche, ou un partage radical du pouvoir

Libération.fr

La gauche n’a jamais vraiment su conceptualiser l’idée de pouvoir. Tirage au sort, mandat politique unique, ces outils permettent de créer une démocratie en mouvement rendant presque impossible tout fief avec ses obligés et ses échanges de bons procédés.





Pour la gauche, est-il plus difficile de penser le pouvoir que de le prendre ? Gouvernant par éclipse, parfois par hasard, toujours par effraction aux yeux de la droite, la gauche a trop souvent fait primer la gestion sur cette réflexion pourtant vitale. Elle a, certes, théorisé sa relation au pouvoir : elle en a dénoncé les excès, puis a planifié la conquête, mais n’a jamais affirmé sa propre vision du pouvoir en-soi, peut-être intellectuellement paralysée par le remords d’exercer ce mal nécessaire des institutions bourgeoises. Lors du débat «des deux méthodes» entre Jaurès et Guesde - réforme contre révolution - devant 8 000 socialistes à l’hippodrome de Lille en 1900, du refus du «coup d’Etat permanent» de 1964, de la stratégie unitaire du congrès d’Epinay, ou des incantations pour une VIe République, il s’est moins agi d’inventer que d’amender.





Comment ne pas penser le pouvoir, a fortiori le pouvoir démocratique, quand le peuple du XXIe siècle s’est mondialisé, connecté, veut s’affranchir des contraintes d’espace et de temps ? Les anciens dogmes, les questions de souveraineté et de libéralisme pouvaient régir la vie des vieux Etats-nations. Comment croire qu’on représente, qu’on délibère, qu’on gouverne comme par le passé alors que les citoyens débattent sur Facebook, proclament #BringBackOurGirls comme #JeSuisCharlie, s’expriment dans les pétitions d’Avaaz, suivent les performances d’Ai Weiwei ou de Banksy pour les réfugiés, ou tout simplement les votes et l’assiduité de leurs députés ? Penser cette ère nouvelle, c’est aussi penser un pouvoir nouveau.

C’est un défi historique. Quand l’idée majeure de la dictature du prolétariat fut abandonnée par le Parti communiste français en 1976, Louis Althusser tançait : «On (...)

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