Quatre ans de prison pour le militant russe Oïoub Titiev

Le militant russe des droits de l'homme Oïoub Titiev (photo) a été condamné lundi à quatre ans d'enfermement dans une colonie pénitentiaire pour possession de drogue, une accusation qu'il dit montée de toutes pièces par les autorités. /Photo prise le 18 mars 2019/REUTERS/Said Tsarnayev (Reuters)

CHALI, Russie (Reuters) - Le militant russe des droits de l'homme Oïoub Titiev a été condamné lundi à quatre ans d'enfermement dans une colonie pénitentiaire pour possession de drogue, une accusation qu'il dit montée de toutes pièces par les autorités.

Oïoub Titiev est président de l'antenne tchétchène de Mémorial, organisation non gouvernementale de défense des droits de l'homme. Il a reçu l'an dernier le prix Vaclav Havel du Conseil de l'Europe.

Titiev a été arrêté en janvier 2018 après la découverte, selon la police, d'un peu plus de 200 grammes de cannabis dans sa voiture lors d'un contrôle. Titiev accuse la police d'avoir placé la drogue dans son véhicule.

Journalistes, diplomates, proches de Titiev étaient présents dans la salle du tribunal de Chali, en Tchétchénie, pour entendre le verdict, prononcé au bout de neuf heures d'audience.

La peine prévoit que Titiev ne sera pas détenu dans une cellule, mais envoyé dans une colonie pénitentiaire où il sera autorisé à se déplacer librement plusieurs fois par jour et pourra porter des vêtements civils. Il pourra également recevoir des visites aussi souvent qu'il le souhaite.

Oleg Orlov, membre de Memorial présent au procès, a estimé que la mobilisation des proches de Titiev avait contribué à adoucir la peine infligée au président de l'antenne tchétchène de l'ONG. "Mais le verdict lui-même est une défaite, ce n'est pas la justice", a-t-il ajouté.

La Tchétchénie, république majoritairement musulmane du sud de la Russie, est dirigée par Ramzan Kadirov avec le soutien du Kremlin. Il est accusé de nombreuses violations des droits de l'homme, charges qu'il rejette.

Avant son arrestation, Oïoub Titiev dirigeait une équipe recensant les disparitions, les cas de torture ou d'incendies punitifs contre des habitations en Tchétchénie.

Natalia Estemirova, qui l'avait précédé à ce poste, a été enlevée et abattue en 2009. Aucune condamnation n'a été prononcée pour ce meurtre.

(Maria Vasilyeva; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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