Quartiers défavorisés: 20 maires des Hauts-de-France réclament une aide à Emmanuel Macron

Alicia Foricher
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Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, plusieurs élus dont 20 maires des Hauts-de-France souhaitent qu'un milliard d'euros du plan de relance soit consacré aux quartiers populaires.

150 élus locaux ont lancé ce vendredi un "appel au secours" à Emmanuel Macron dans lequel ils demandent qu'un pourcentage des 100 milliards d'euros du plan de relance soit sanctuarisé pour "les territoires en décrochage", dont "la détresse sociale et économique" a été accentuée par la crise sanitaire.

Parmi eux, les élus des Hauts-de-France sont très représentés avec 20 maires, de tous les bords politiques. Pas étonnant puisque la région compte 199 quartiers prioritaires. C'est ainsi la deuxième région qui en compte le plus en France, après l'Île-de-France, qui en compte 272.

"Aux côtés de 100 maires, nous avons souhaité alerter Emmanuel Macron, sur la "bombe à retardement" des banlieues frappées par la crise." juge sur Twitter Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin.

Honorer les engagements de 2018

Les signataires appellent le président de la République à honorer les engagements pris en 2018 après la remise d'un rapport par l'ancien ministre Jean-Louis Borloo sur les quartiers défavorisés.

Celui-ci proposait 19 programmes et 48 mesures pour "faire revenir la République" dans les quartiers face au "repli identitaire et communautaire", ainsi que la création d'un fonds de 5 milliards d'euros. Mais trois ans plus tard, seules quelques mesures ont pu être engagées.

Les maires de Roubaix, Calais, Arras, Douai, Saint-Quentin, Marck, Béthune, Lilliers, Etaples, Téteghem, Maubeuge, Lens, Mons-en-Baroeul, Frevent, Hesdin, Marquion, Raimes, Montataire, Hem et Beauvais sont inquiets.

"Nous sommes très inquiets de la situation dans nos quartiers prioritaires. On voit bien qu'il y a une dégradation sociale (...) il ne faudrait pas qu'il y ait un décrochage supplémentaire" explique Natacha Bouchart, la maire de Calais, invitée de BFMTV ce samedi.

Ne pas être "les oubliés" du plan

La crise du Covid-19 a accentué la précarité dans ces territoires. Les demandes d'aides alimentaire d'urgence ont explosé dans la région. À Roubaix, l'équivalent d'une année d'aide alimentaire a été distribué en 3 mois.

"Il est vraiment important que dans ce plan de relance (...) nous ne soyons pas les oubliés" conclut Natacha Bouchart, également vice-présidente de la région Hauts-de-France.

Article original publié sur BFMTV.com