Qu’est-ce que la Misophonie ?

Le mot Misophonie n’existe ni dans le petit Robert ni dans le Larousse illustré et pourtant il concerne des millions de personnes rien qu’en France !

Le terme est la traduction de l’anglais misophonia apparu outre-atlantique dans les années 2000, inventé par un couple de chercheurs américains de l'université d'Atlanta, Margaret et Pawel Jastreboff, qui a identifié le trouble signifiant littéralement « haine du son ». Ce trouble est caractérisé par une aversion à certains sons produits par un autre individu. Ces petits bruits du quotidien comme le tapotement, le sifflement ou la mastication rendent la vie des misophones infernale et peuvent conduire à des comportements asociaux menant jusqu’à la violence dans les cas les plus extrêmes. 

Certains scientifiques considèrent qu'il s'agit d'un trouble neurologique quand d'autres estiment qu'il s'agit d'un problème d'anxiété. Pourtant des expériences ont montré une activité intense au niveau du cortex à l'écoute de la mastication par exemple, dans une zone qui régule nos réactions. La docteure Anne-Marie Piffaut, ORL et psychothérapeute décrypte dans le parisien:  « Ce n'est pas une maladie, ce sont des symptômes de quelque chose en lien avec des histoires passées, c'est émotionnel ». La médecin prescrit à ses patients misophones différentes méthodes pour dompter leurs émotions comme de la cohérence cardiaque qui travaille le ralentissement de la respiration; ou la thérapie EMDR s'appuyant sur les mouvements oculaires. 

La misophonie comme la plupart des troubles psychiatriques se rencontre à des degrés divers, elle ne se manifeste pas de la même manière chez tous les sujets touchés. La plupart des gens autour de vous qui se plaignent quand vous mangez une pomme trop près de leurs oreilles, ou qui enfilent leur casque dès que quelqu'un sort une carotte, ne souffrent sans doute pas au point de devoir suivre une thérapie. Mais en recourant à des stratégies d’évitement ils perturbent sévèrement leur fonctionnement social, professionnel et familial.

Claire Butard, a participé à créer l’association Stop Misophonie constatant le manque d’informations autour de ce trouble dont elle souffre. Elle témoigne : « C'est totalement incontrôlable, et difficile à expliquer quand on ne le vit pas. On ne peut pas faire abstraction. Notre corps se crispe, on transpire, le rythme cardiaque s'accélère. Cela donne envie de taper, de mordre... » ..et pour ne rien arranger, « ça s'amplifie avec l'âge ».

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