Qu’est-ce que les groseilles de mer que vous avez peut-être croisées en vacances ?

Sea comb jelly in a hand on the ocean
Ayakochun / Getty Images/iStockphoto Sea comb jelly in a hand on the ocean

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A la plage l’été, il est possible de se retrouver nez-à-nez avec une méduse mais aussi avec des groseilles de mer ou des noix de mer.

ÉTÉ - Groseille de mer, noix de mer… Ces noms d’espèces ne vous disent peut-être rien, pourtant, il y a des chances que vous les ayez croisées cet été, voire confondues avec des méduses. « Il y a deux espèces qui peuvent être observées : les pleurobrachia pileus ou groseilles de mer et les mnemiopsis leidyi », aussi appelées noix de mer, explique au HuffPost Antoine Nowaczyk, spécialiste des gélatineux, depuis la station marine d’Arcachon.

Ces espèces sont toutes deux présentes le long des côtes françaises, du Pas-de-Calais à la Corse en passant par la Bretagne, dès le printemps, comme le soulignent les cartes de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel. « On trouve des groseilles de mer dans tout l’Atlantique, dans le Pacifique. Quant aux mnemiopsis, ils sont sur les côtes européennes depuis les années 1980 », complète Antoine Nowaczyk.

Leur apparence transparente et leurs corps gélatineux peuvent cependant pousser les vacanciers à les confondre avec des méduses. Et à s’interroger : y a-t-il aussi un risque de se faire piquer ?

Des espèces non urticantes

« Les méduses sont des cnidaires alors que les groseilles de mer sont des cténaires. C’est un peu apparenté, mais la distinction justement c’est que les cnidaires ont des cellules urticantes, les cnidocytes, tandis que les groseilles de mer possèdent des colloblastes. Elles vont coller leurs proies et non les harponner : elles n’ont pas de venin », débute Antoine Nowaczyk.

Résultat : « Si on les touche, on ne risque rien du tout », affirme le spécialiste au HuffPost. Les deux espèces se différencient également des méduses par leur forme.

« La groseille de mer est une bille gélatineuse, et garde cet aspect même échouée. On peut la saisir facilement entre ses mains », souligne Antoine Nowaczyk. « Pour le mnemiopsis, il y a deux lobes aux extrémités. Une fois échoué, c’est plus flasque, si on veut le saisir, ça ressemble à un blanc d’œuf », poursuit le spécialiste.

Sea Gooseberry -Pleurobrachia pileus-, Black Sea, Crimea, Ukraine
Andrey Nekrasov / Getty Images/imageBROKER RF Sea Gooseberry -Pleurobrachia pileus-, Black Sea, Crimea, Ukraine

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Ici, un pleurobrachia pileus ou groseille de mer.

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Oxford Scientific / Getty Images

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Ici, un mnemiopsis leidyi, aussi appelé méduse américaine ou noix de mer.

Pour ne pas confondre ces deux espèces, on peut aussi observer leur taille. Celle des noix de mer varie entre 3 et 12 centimètres, celle des groseilles de mer entre 1 et 3 centimètres, indique le programme DORIS (Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la faune et la flore Subaquatiques). « La groseille de mer fait vraiment la taille d’une bille », appuie Antoine Nowaczyk.

Une prolifération pas forcément due aux fortes chaleurs

« Il n’y a rien d’étonnant au fait d’en trouver en été », poursuit le spécialiste des gélatineux. Il explique : « On trouve des groseilles de mer tout au long de l’année. Leur pic d’abondance est au printemps au moment où se trouve le maximum de zooplancton, leur nourriture. Parfois, ça déborde en été, en fonction des conditions, notamment s’il y a plus de nourriture ».

Rien à voir, donc, avec les vagues de chaleur successives de cet été. « Ce n’est pas forcément lié au réchauffement des eaux. Dans les océans, c’est très rare qu’un seul facteur influe sur l’abondance d’une espèce, c’est souvent multifacteurs », rappelle Antoine Nowaczyk. « Il peut en avoir très peu certaines années, plus d’autres années sans qu’on puisse l’expliquer de façon très simple », ajoute-t-il.

En Bretagne, où vacanciers et riverains ont observé fin juillet des bancs de groseilles de mer, le phénomène a été « assez éphémère car cela suit les booms de phytoplancton », relève également le Musée national d’histoire naturelle auprès du Télégramme.

Pas d’inquiétude non plus à avoir si vous trouvez des groseilles ou des noix de mer échouées sur les plages. Le phénomène est naturel. « Ce sont des organismes qui font partis du plancton, c’est-à-dire que ce sont des organismes qui ne peuvent pas lutter contre les courants », explique Antoine Nowaczyk.

« Lorsqu’il y a des tempêtes, il n’est pas rare de voir s’échouer sur les plages des méduses, de la même façon, les groseilles de mer s’échouent naturellement, elles ont pu être emportées par des courants par exemple », illustre le spécialiste.

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