En quête d’identité, les Sino-Indonésiens retrouvent leur nom chinois grâce à Internet

Photo Nyoman Hendra Wibowo/Antara Foto/REUTERS

“Les sino-indonésiens ont souvent des histoires compliquées en ce qui concerne leurs noms”, note le Jakarta Post. En 1966, après le coup d’État du général Suharto, la culture et la langue chinoises ont été interdites. Un décret présidentiel a même ordonné à tous les citoyens d’origine chinoise de changer leur nom par un autre à consonance indonésienne.

“Par exemple, certaines personnes portant le nom de famille ‘Oey’ en hokkien [dialecte chinois], équivalent de ‘Huang’ en mandarin, signifiant ‘jaune’, ont choisi le nom indonésien ‘Wijaya’.”

Ce dernier mot signifie “victoire” et a été choisi comme équivalent au symbole de gloire ou de sagesse que représente la couleur jaune en Chine.

Ce n’est que trente-trois ans plus tard, en 1999, après la chute de la dictature, que le président Abdurrahman Wahid a levé l’interdiction des noms chinois et a ajouté le Nouvel An chinois aux fêtes nationales du calendrier indonésien. Depuis, les jeunes générations sont parties à la quête de leur identité si longtemps bannie et font de plus en plus appel à des services en ligne.

Djohan est le créateur d’une de ces plateformes numériques qui permet de retrouver son nom chinois. Il explique qu’il utilise beaucoup de paramètres, tels que les cinq éléments de l’Univers et les signes astrologiques associés à des caractères chinois spécifiques. Il essaie de faire correspondre les noms aux personnalités, “pas de traduire le nom littéral, car cela pourrait donner une signification différente, voire erronée”, précise Djohan, tout en ajoutant que “certaines dénominations inspirées par les fleurs ou les nuages ne sont plus souhaitables”.

Fierté d’être un descendant de Chinois

Le Jakarta Post cite l’exemple de Tjing Tek Sen, 60 ans, qui, bien que parlant mandarin, a eu recours à un de ces services en ligne pour trouver le nom de sa cinquième petite-fille. “Si l’enfant a beaucoup d’éléments eau, il est important de trouver un nom avec un élément bois ou métal afin qu’il ait une vie équilibrée”, explique Tek Sen.

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