"Nuit d'horreur" à Québec: un homme tue au sabre deux personnes le soir d'Halloween

Anne-Sophie THILL
·3 min de lecture
Un camion de police devant le bâtiment de l'Assemblée nationale après une attaque à l'arme blanche, le 1er novembre 2020 à Québec

"Nuit d'horreur" à Québec: un homme tue au sabre deux personnes le soir d'Halloween

Un camion de police devant le bâtiment de l'Assemblée nationale après une attaque à l'arme blanche, le 1er novembre 2020 à Québec

Un jeune homme armé d'un sabre japonais a tué deux personnes et en a blessé cinq autres lors de la soirée d'Halloween samedi dans le centre historique de Québec, voulant "faire le plus de victimes possible" mais n'étant a priori pas "associé à un groupe terroriste", a annoncé dimanche la police.

Deux Français, installés au Québec depuis quelques années, figurent au nombre des victimes, a indiqué sans plus de précisions le patron de la police du Québec, Robert Pigeon, lors d'un point presse. Le pronostic vital des blessés n'est pas engagé mais certains ont subi des "lacérations importantes".

"Hier soir on a été plongé dans une nuit d'horreur lorsqu'un homme de 24 ans, qui ne réside pas à Québec, s'est présenté chez nous avec l'intention de faire le plus de victimes possible", a-t-il expliqué.

Le suspect, qui n'avait pas d'antécédents judiciaires, était déguisé en costume médiéval et armé d'un sabre "de type katana". "Tout porte à croire qu'il aurait choisi ses victimes au hasard", a-t-il ajouté.

L'auteur présumé de l'attaque, originaire de Montréal, doit comparaître devant la justice par visioconférence dans la journée. "Je pense qu'il avait planifié son geste", a ajouté le chef de la police.

Le jeune homme avait par ailleurs "verbalisé son envie de passer à l'acte" il y a cinq ans, mais n'avait pas d'antécédents judiciaires, selon lui.

"Tout le Québec est en deuil ce matin", a de son côté déploré la vice-Première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, qui a dénoncé des actes "barbares".

-Problèmes de "santé mentale"-

Le Premier ministre fédéral Justin Trudeau a dénoncé une "terrible tragédie". "J’ai le cœur brisé pour les proches des deux personnes tuées dans cette horrible attaque", a-t-il réagi dans la nuit de samedi à dimanche sur Twitter.

Les agressions se sont déroulées samedi en fin de soirée dans le Vieux Québec, notamment dans le quartier du célèbre Chateau Frontenac, haut-lieu touristique de la capitale de la province francophone canadienne, selon la police. Le suspect avait été arrêté après une chasse à l'homme de plusieurs heures.

Selon trois témoins cités par le journal québécois Le Soleil, l'assaillant aurait "égorgé" sa première victime près du Château Frontenac et il y avait "beaucoup de sang".

L'homme aurait ensuite poursuivi sa route sur la rue des Remparts, où la deuxième personne a été tuée, avant de se rendre vers le port de Québec, faisant d'autres blessés.

Le suspect a finalement été "arrêté peu avant 1h ce matin" près de l'Espace 400e, près du Vieux-Port de Québec, selon la police. L'homme a été "transporté vers un centre hospitalier pour être évalué"..

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a pour sa part dénoncé un drame" hallucinant, terrifiant", qui "dépasse l'entendement" et évoqué des problèmes de "santé mentale" du suspect.

"Ce matin, j'ai la nette impression de rejouer dans un vieux film, un film dont l'action se déroulait le 29 janvier 2017 à la mosquée de Québec", a-t-il dit.

Ce jour-là, un homme proche des milieux d'extrême droite, Alexandre Bissonnette, avait ouvert le feu sur les fidèles rassemblés pour prier à la mosquée de Québec, tuant six personnes et en blessant grièvement plusieurs autres.

"Je sens le besoin de rappeler que ce drame ne remet pas en question le fait que cette ville est une des plus sécuritaires au monde mais il est difficile, quasiment impossible de prévoir les conséquences de la folie découlant visiblement de problèmes de santé mentales", a-t-il ajouté.

En raison des restrictions liées à la pandémie de coronavirus, les rues du Vieux-Québec étaient très peu fréquentées au moment du drame, a témoigné à l'AFP Jordan Proust, journaliste pigiste. 

"La plupart des enfants qui ont célébré Halloween l'ont fait dans l'après-midi", a-t-il expliqué.

om-et/seb