Qu'est-ce que le scarabée japonais, cet insecte ravageur qui menace la France ?

Le scarabée japonais représente une menace pour plusieurs centaines d'espèces de végétaux. (NurPhoto via Getty Images)

Repéré en Suisse et Italie, le scarabée japonais pourrait arriver très prochainement en France. Pourquoi doit-on craindre cet insecte ?

Le scarabée japonais est aux portes de la France. Présent en Suisse et en Italie depuis plusieurs années, la probabilité de l'arrivé de cet insecte ravageur est désormais très grande, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). "Pour l’instant il n'a pas encore été détecté en France, mais il n'y a aucune raison qu'il n'entre pas sur le territoire", explique Christine Tayeh, coordinatrice scientifique au sein de l’unité Expertise sur les risques biologiques du laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses, qui a piloté cette expertise.

Le Popillia japonica est un scarabée identifiable facilement. Il mesure entre 8 mm et 1 cm, son thorax est vert brillant, et il a des touffes de soies blanches de part et d'autre de l'abdomen. Si sa présence sur notre territoire inquiète tant, c'est qu'il s'agit d'un organisme nuisible classé parmi les organismes de quarantaine prioritaire par la réglementation européenne sur la santé des végétaux.

Une menace pour 400 espèces de végétaux

Cet insecte également appelé hanneton japonais représente une menace pour environ 400 espèces de végétaux, l'adulte se nourrissant préférentiellement de feuilles et les larves de racines. Parmi ces plantes on retrouve aussi bien des plantes alimentaires, comme le prunier, le pommier, les vignes, le maïs, le soja, le haricot, les asperges, ou encore des espèces forestières comme l'érable plane ou le peuplier, ainsi que des plantes ornementales comme les rosiers ou certaines espèces présentes dans les pelouses et gazons.

En consommant les feuilles, le scarabée japonais réduit la surface foliaire, ce qui diminue la capacité de photosynthèse des plantes et donc potentiellement leur rendement. Les dégâts occasionnés par l'insecte peuvent aussi diminuer la valeur esthétique des plantes ornementales. L'anses recommande donc de prendre les mesures nécessaires pour détecter le plus tôt possible la présence du scarabée sur le territoire.

Des pièges dans des endroits stratégiques

Si son entrée en France semble inévitable, Christine Tayeh indique "qu’il y a une chance d'éradiquer le scarabée japonais dès le début de l'invasion, à condition de déployer des moyens de surveillance dynamiques puis de lutte tant que la population est encore faible et isolée. Les éradications qui ont réussi dans l'Oregon et en Californie se sont faites dans ce contexte", précise-t-elle.

Pour lutter contre sa prolifération, l'Anses indique qu'il faut disposer des pièges dans des endroits stratégiques comme le long de la frontière française avec les pays où l'insecte est présent et à proximité des points d'entrée clés tels que les ports, les aéroports et des réseaux de transports, ces insectes ayant "un comportement autostoppeur", c'est-à-dire qu'ils peuvent être transportés sur n'importe quel support.

"Pas de réelle fonction dans la biodiversité"

Outre le piégeage de masse, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques de synthèse et la lutte biologique sont également importants pour lutter contre le scarabée japonais. Des pratiques culturales ont également démontré leur efficacité dans la réduction des dégâts associés aux adultes, telles que la réduction de l'irrigation en période de ponte ou le labour du sol à l’automne. Si de telles actions ne sont pas déployées rapidement après sa détection, empêcher sa dissémination une fois établi sur le territoire risque d’être long, avec une faible chance de succès, estiment les experts.

Éradiquer ces scarabées ne présente aucun risque, comme l'indique Christine Tayey au site actu.fr : "Le scarabée asiatique n'a pas de rôle de pollinisateur, donc pas de réelle fonction dans la biodiversité. Certes, il n'est pas vecteur d’'autre organisme nuisible, comme un virus par exemple, mais sa présence n'est pas souhaitée au vu des dégâts qu'il commet."

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