Qaraqosh, terre compromise pour les chrétiens

Libération.fr

Reconstruction erratique, Etat indifférent, hostilité des autres communautés, situation sécuritaire fragile… Six mois après la défaite de l’EI, la plupart des habitants de cette cité proche de Mossoul ne veulent pas revenir.

Beaucoup de fantômes errent à Qaraqosh. Le long des rues aux poteaux électriques arrachés, il n’y a plus que des maisons saccagées et des magasins pillés. Les jihadistes de l’Etat islamique (EI) ont été chassés en octobre, deux ans après s’être emparés de la cité. Mais les 50 000 habitants de ce qui fut la première ville chrétienne d’Irak ne se sont pas réinstallés.

On ne croise personne à Qaraqosh, hormis quelques miliciens fatigués et un vendeur d’alcool qui vient de reconstruire sa boutique. Il est jovial mais il manque de clients. «Les miliciens m’achètent parfois quelques bouteilles mais c’est assez rare, ils ne sont pas assez bien payés.» Chaque soir, il repart à Ankawa, le quartier chrétien d’Erbil, où il s’est exilé avec sa famille il y a plus de deux ans. «Je reviens chaque matin. Je me sens bien ici, c’est ma ville, j’ai l’impression de mieux respirer. Mais je ne peux vivre ici, tout est détruit.»

Tout manque à Qaraqosh. L’approvisionnement en eau n’est assuré qu’en partie. L’électricité est fournie par des générateurs, qui ne suffisent pas pour l’ensemble de la ville. Cela rend furieux le capitaine Sabri, des Unités de protection de la plaine de Ninive (NPU), une des deux milices chrétiennes en charge de la sécurité. «Il y a des projets de reconstruction mais ils n’avancent pas, explique-t-il. Les travaux pour remettre en état la centrale électrique etles câbles ont commencé mais tout est lent, très lent. L’Etat irakien ne nous soutient pas et les pays étrangers non plus. La France a promis de l’argent, mais pour l’instant, on n’a rien vu.»

Carcasses

Depuis la reprise de la ville, le 22 octobre, les chrétiens se sont débrouillés seuls. Ils ont nettoyé les rues des douilles, des restes d’obus et des carcasses de voitures-suicides (...)

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