"Punk, dépressif... héros" : le portrait décalé de Napoléon par Philippe Perfettini, spécialiste de l’Empereur

On ne compte plus les ouvrages consacrés à Napoléon publiés à l’approche du bicentenaire de la sa mort, mais à coup sûr, celui de Philippe Perfettini Napoléon – Punk, dépressif… héros est le plus inattendu. L’auteur, l’un des meilleurs connaisseurs de l’Empereur, directeur des collections napoléoniennes du musée du Palais Fesch à Ajaccio, signe un portrait décalé de cette figure de l’Histoire de France à l'incroyable destin.Napoléon loser Philippe Perfettini a choisi une approche psychologique et un brin provocatrice pour son dernier ouvrage consacré à Napoléon. Car pour l’auteur, le plus fascinant chez lui ce sont ses échecs et sa capacité à rebondir, à avancer. Des échecs et des fêlures qui, très jeune, vont faire de lui un écorché vif, un marginal et un rebelle : "On a tendance à l’oublier, mais dans la première partie de la vie de Napoléon, jusqu’à ses vingt-quatre ans, on peut le qualifier de loser. Son destin aurait été d’être un simple soldat dans une garnison d’Ajaccio mais la vie et les échecs en ont décidé autrement. Il a été soldat à Ajaccio mais ça s’est soldé par un échec terrible qu’il a su transcender pour le destin qu’on lui connaît." À ses échecs à répétition au début de sa vie succéderont une chance insolente et un penchant certain pour la transgression. Un côté punk mais aussi mélancolique et parfois suicidaire. Mais comme le souligne l’auteur, il était doté d'une volonté sans faille et d'une force de travail sans limite : "Pour arriver là où il est arrivé, il a transgressé à plusieurs reprises, il a bravé ses autorités de tutelle. Il a fait son chemin comme ça, en cassant les règles, en contournant, en passant par la fenêtre, en utilisant tout ce qui était à sa disposition pour franchir les étapes et gravir les échelons. Et à force de se rebeller contre l’autorité, il est devenu lui-même l’autorité suprême du pays." Des fêlures et un côté très commun qui font, selon Philippe Perfettini, qu’on a tous un peu de Napoléon en nous. "Napoléon – Punk, dépressif… héros" – Philippe Perfettini - Éditions des Équateurs (224p-19€)