"Punissez ces criminels ": à Téhéran, des contre-manifestations organisées pour défendre le port du voile

Des milliers de personnes ont défilé à Téhéran vendredi 23 septembre pour défendre le port du voile. - AFP
Des milliers de personnes ont défilé à Téhéran vendredi 23 septembre pour défendre le port du voile. - AFP

Une "grande manifestation du peuple iranien pour condamner les comploteurs". Des milliers de personnes ont défilé à Téhéran ce vendredi pour défendre le port du voile et fustiger les "comploteurs", selon l'agence officielle Irna, en référence aux manifestants qui protestent depuis une semaine contre la mort d'une femme arrêtée par la police.

Au moins 17 personnes ont été tuées dans ces protestations déclenchées par ce décès, selon un bilan des autorités qui démentent toute implication dans ces violences.

Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre

Ces manifestations ont été marquées par des affrontements entre manifestants et forces de sécurité, dont des véhicules ont été incendiés, selon des médias et des militants. La police a arrêté un nombre indéterminé de personnes.

Face à ces protestations, les autorités ont décidé de riposter en organisant vendredi leur propres manifestations après la prière. L'imam de la prière du vendredi Seyed Ahmad Khatami a donné le ton dans son prêche à l'université de Téhéran. "Je demande fermement au pouvoir judiciaire d'agir vite contre les émeutiers qui brutalisent les gens, qui mettent le feu aux biens publics et brûlent le Coran", a-t-il dit, selon des images de la télévision d'Etat.

"Punissez ces criminels avec l'arme de la loi", a-t-il lancé.

"Prôner la fin du voile, c'est faire la politique des Américains"

Les fidèles ont brandi pour leur part des pancartes remerciant les forces d'ordre, "colonne vertébrale du pays", et s'en sont pris aux femmes qui brûlent leur voile. "Prôner la fin du voile, c'est faire la politique des Américains", ont-ils scandé.

D'autres manifestations de soutien à la police ont également eu lieu dans plusieurs villes du pays comme Ispahan, dans le centre du pays, Tabriz (nord-ouest), Qom (nord) et Ahvaz (ouest). Elles étaient organisées par le Conseil islamique de coordination du développement, chargé d'organiser des manifestations officielles.

Dans un communiqué, des Iraniens manifestant vendredi ont condamné "les comploteurs et ceux qui ont violé les préceptes sacrés de la religion". "Aujourd'hui plus que jamais, l'arbre de la Révolution est robuste et enraciné", ajoutent-ils.

Mahsa Amini, âgée 22 ans, a été arrêtée le 13 septembre à Téhéran pour "port de vêtements inappropriés" par la police des moeurs chargée de faire respecter le code vestimentaire de la République islamique. Elle est morte trois jours plus tard à l'hôpital, et sa mort a entraîné une série de manifestations à travers le pays. Les autorités, qui démentent toute implication dans sa mort, ont promis une enquête.

Article original publié sur BFMTV.com