PULSE : un IA qui défloute bien les visages... surtout s'ils sont blancs

Un algorithme visant à déflouter les images et développé par des chercheurs de la Duke University révèle une nouvelle fois à quel point l'intelligence artificielle est affectée de biais racistes.

Encore un mauvais coup pour les algorithmes d’intelligence artificielle, plombés par leurs biais. Il y a quelques jours, des chercheurs de l’Université Duke aux États-Unis, ont dévoilé PULSE, un outil d’intelligence artificielle qui génère une image nette en haute définition à partir d’une image source fortement pixelisée. Les informaticiens ont fait leur démonstration avec des photos de visages en très basse définition, ne contenant que 256 pixels (16 pixels x 16 pixels). S’il est possible de voir qu’il s’agit bien d’un visage, la définition est trop faible pour identifier la personne. Mais à partir de ce portrait très dégradé, PULSE parvient à reconstituer un visage en haute résolution, parfaitement reconnaissable, avec force détails : pores de la peau, finesse des cheveux et des cils, etc. L’image présente en effet une définition de 1024 pixels de côté, soit 1 048 576 pixels au total. Une finesse encore jamais atteinte selon les chercheurs.

Mais ces derniers préviennent : le visage généré n’est pas celui de la personne sur la photo pixelisée. L’algorithme génère un visage qui n’existe pas, mais qui ressemble le plus possible à celui de la photo basse définition. En d’autres termes, impossible d’identifier l’auteur d’un crime à partir d’une image très pixelisée d’une caméra de vidéo surveillance, comme le font souvent des enquêteurs de choc dans à peu près toutes les séries policières américaines.

Un entraînement sur des banques d'images de visages

Passé ce fantasme, il convient d’expliquer comment fonctionne PULSE pour comprendre pourquoi le visage reconstitué n’est pas celui d’une vraie personne. Le principe repose sur une comparaison entre l’image pixelisée et une image haute définition, le but étant de retenir l’image haute définition qui ressemble le plus à l’image pixelisée. Pour cela, PULSE utilise une classe d’algorithmes bien connus en IA : les réseaux antagonistes génératifs (GAN pour generative adversarial networks). Ces algorithmes sont constitués de d[...]

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