La puissance du “nous démocratique”

Dessin de Martirena, Cuba.

Already know I, I wanna know we(“Je connais déjà je, je veux connaître nous”), dit une chanson d’un album récent du groupe québécois Arcade Fire. Même si elle renvoie à une réalité intimiste, cette phrase semble particulièrement en adéquation avec la période que nous vivons en Europe. Ainsi, la Finlande, mais aussi la Suède, est désormais candidate à une entrée dans l’Otan. Autrement dit, après une longue période historique où ils sont passés par différentes phases de neutralité et de non-alignement, ces deux pays se tournent vers le nous occidental.

Par ailleurs, comme chacun sait, l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie et une demi-douzaine de pays des Balkans occidentaux souhaitent dans une large mesure – chacun à son rythme, en fonction de son contexte spécifique – adhérer au nous occidental, qu’il s’agisse de l’Union européenne (UE), de l’Otan ou des deux. Ils savent ce que signifie être seul – ils connaissent bien le je –, et appartenir à un nous sans démocratie. Ils veulent connaître, grâce à leur adhésion, le nous démocratique.

L’intégration de ces pays aux structures de l’UE et de l’Otan est un processus complexe, et parfois si ardu qu’il n’est pas envisageable d’y être admis à court et à moyen terme. Ce qui constitue un dilemme : soit on laisse ces États exposés à l’adversité, soit on les intègre à la hâte dans des clubs aux règles exigeantes, avec lesquelles il n’est pas question de transiger.

Pour surmonter ce dilemme, Emmanuel Macron a émis le 9 mai dernier une proposition intéressante lors d’un discours devant le Parlement européen : celle d’une confédération européenne, une entité différente de l’UE, qui permettrait de resserrer les liens avec des pays extérieurs à l’Union. Ces liens seraient plus étroits que ceux qui se nouent à travers les politiques de voisinage, mais sans couvrir autant de domaines qu’une adhésion.

Fédération intérieure, confédération extérieure

Le président français a évoqué différents axes de développement de cette nouvelle structure : “Cette organisation européenne nouvelle permettrait aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs de trouver un nouvel espace de coopération politique, de sécurité, de coopération en matière énergétique, de transport, d’investissements, d’infrastructures et de circulation des personnes, en particulier de nos jeunesses.” L’idée est intelligente. Il faut évaluer d’urgence les possibilités de cette troisième voie entre la semi-paralysie et l’adhésion de plein droit.

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