"Et puis le virus mutant est arrivé", la chronique d'Anne Roumanoff

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Les SMS de bonne année continuent d'arriver. "Je te souhaite une année lumineuse." "Que l'année te soit douce." On répond "merci, toi aussi", on ajoute des émoticônes, un baiser, un smiley, mais le cœur n'y est pas. Les vœux cette année sont comme une formalité un peu triste. On se plie à l'exercice, mais sans élan. Les vitres en ­Plexiglas partout. Se saluer avec un coup de coude, petit rictus de connivence et lassitude dans le regard. Plus de restaurants, plus de spectacles, plus de grandes tablées familiales, plus de fêtes où l'on danse, plus de cinéma avec son amoureux, plus de soirées où l'on rigole avec ses amis. On s'est un peu goinfré pendant les fêtes pour oublier tout ça. Bûche, foie gras, tarama, ajoutez à cela une ou deux galettes des Rois. Pas grave, on va aller à la salle de sport, ah non c'est encore fermé. Bon, alors on va sortir courir, oui mais il fait quand même très froid.

Il y a quinze jours, on était encore plein d'espoir. On se disait : "Vivement 2021, vivement le vaccin qu'on oublie cette horrible année 2020", et puis le virus mutant est arrivé. On en vient presque à repenser au premier confinement avec nostalgie. Il faisait beau. C'était comme une parenthèse surprenante dans notre course effrénée contre le temps. On avait ouvert des livres de cuisine, redécouvert ses enfants. Les artistes faisaient des live sur Instagram, on était devenu addict à Netflix, on faisait plein de réunions en Zoom et on trouvait ça rigolo. Les oiseaux chantaient dans Pari...


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