Sans public mais filmée, la première d'"Akhnaten" de Philip Glass à l’Opéra de Nice aura bien lieu

Ce devait être un moment fort de l'ouverture de la saison à l'Opéra de Nice, une nouvelle production de l’opéra Akhnaten de Philip Glass, l'histoire du pharaon Akhenaton composée par l'un des maitres de la musique contemporaine. Mais à trois jours de la première, l’annonce d’un nouveau confinement a rebattu les cartes. Salles de spectacles fermées au public, mais répétitions ou enregistrements autorisés par le nouveau protocole sanitaire. Alors l’Opéra de Nice a choisi de maintenir la première prévue dimanche 1er novembre. Une première à huis clos donc et captée pour une diffusion ultérieure.Soulagement Durant les semaines de répétitions, les artistes se sont préparés dans l’incertitude. Obligés de travailler masqués, de se faire tester régulièrement, ils ont dû s’adapter sans savoir si le spectacle pourrait se jouer. Une épée de Damoclès comme le souligne Fabrice Di Falco qui incarne Akhenaton, génératrice de stress. Alors, la possibilité de maintenir les répétitions malgré le confinement et la possibilité de jouer la première a été accueillie comme un soulagement pour eux. Même s’ils le savent, cette représentation sans public sera bien étrange.On sait que l’énergie, la ferveur d’une salle, le bruit avant de rentrer sur scène, ça n’a rien à voir. Mais on va pour l’instant s’en contenter, c’est la sécurité sanitaire avant tout et on sait que le public reviendra dans les salles. Léo Warynski directeur musicalLucinda Childs, chorégraphe à distance Akhnaten est le troisième volet de la trilogie des portraits du compositeur américain, consacrée à de grandes figures de l’histoire, après Einstein on the Beach (1976) et Satyagraha (1980) qui retraçait la vie de Gandhi. Ce troisième opus a été joué pour la première fois au Württembergisches Staastheater de Stuttgart, le 24 mars 1984. Pour la mise en scène et la chorégraphie de cette version 2020, l’opéra de Nice a fait appel à une fidèle de la première heure de Philip Glass, Lucinda Childs. A 80 ans, la chorégraphe américaine a relevé un véritable défi, diriger les répétitions depuis les Etats-Unis via internet, avec l’obligation de se lever en pleine nuit, décalage horaire oblige.