Comment le PS et LFI justifient la longueur de leurs négociations

"Il faut que ça s'accélère": Comment le PS justifie la longueur des négociations avec LFI (photo d'illustration prise devant le QG LFI où se tiennent les discussions) (Photo: CHRISTOPHE ARCHAMBAULT via Getty Images)

POLITIQUE - La nuit n’aura pas suffi. Ce mardi 3 mai, le Parti socialiste et la France Insoumise n’ont toujours pas acté un accord. D’un côté comme de l’autre, les négociateurs gardent espoir mais la pression monte: “Il faut que ça s’accélère”, exhorte ce mardi Adrien Quatennens, numéro 2 des insoumis.

“J’espère qu’aujourd’hui, puisque nous sommes le 3 mai, anniversaire du Front populaire, nous réussirons, à l’issue de cette journée, à avoir un grand accord”, a déclaré la députée LFI de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain sur Public Sénat. “Nous sommes à quelques pas d’un accord historique, il reste certains réglages”, a dit de son côté le négociateur et porte-parole du PS Pierre Jouvet sur Europe 1.

Au-delà du symbole, à cinq semaines des législatives - et à 15 jours du dépôt des candidatures - il est temps de passer la seconde. “Il faut que ça aille vite, on n’a plus tout le temps. Vite c’est aujourd’hui, demain grand maximum”, estime Adrien Quatennens sur LCI.

Europe, retraites et circos, les sujets qui fâchent

Lundi dans la journée, Olivier Faure en personne est venu au QG Insoumis, rebaptisé “Matignon”. Mais la présence du chef des socialistes n’a pas permis de conclure les négociations, qui ont repris ce mardi matin. En arrivant, le député LFI Éric Coquerel a assuré à une confrère de LCI qu’“il n’y a rien qui bloque avec le parti socialiste”. Vraiment? “On ne va pas régler tous les points en l’espace de quelques heures alors que depuis dix ans on ne se parlait plus”, avançait la veille le socialiste Pierre Jouvet.

Selon Pierre Jouvet, les négociations portent actuellement sur “le contenu programmatique, les enjeux stratégiques, la répartition des circonscriptions”.

La question des circonscriptions est cruciale. D’emblée, LFI a assuré que tout serait fait pour permettre au moins l’élection de 15 socialistes, afin de constituer a minima un groupe parlementaire. Mais le PS -qui a 29 sortants- voit plus grand.

Sur le programme, deux points en particulier crispent le PS: l’Europe et les retraites. Une partie du PS estime la proposition insoumise de départ à 60 ans infaisable financièrement. Mais sur LCI, Adrien Quatennens a exclu toute concession sur ce sujet, fort des 22% de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Il a cependant salué une certaine ouverture au sein du PS sur cette question.

Quant à la question européenne, elle a provoqué la suspension des discussions vendredi, après un tollé interne au PS à la suite de propositions socialistes jugées trop proches de celles de LFI. La France Insoumise veut inclure dans l’accord la notion de “désobéissance” vis-à-vis des traités européens. Pour les socialistes opposés à l’alliance, c’est le premier pas vers une remise en question la construction européenne.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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