Le PS, le Concordat et la laïcité : une polémique révélatrice

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Détour par l'Histoire pour comprendre ce qu'est le Concordat, avec Henri Pena-Ruiz, auteur du "Dictionnaire amoureux de la laïcité" (Plon).

Olivier Faure vient de proposer l'abrogation du Concordat d'Alsace-Moselle. Aussitôt certains élus socialistes des départements concordataires ont protesté. Qui a raison ? Faisons le point pour construire une réponse éclairée. Un peu d'histoire est nécessaire à titre de préalable. La réflexion en découlera, à la lumière de la devise républicaine, pour fonder un jugement. En 1871 l'Alsace-Moselle est annexée par l'Allemagne à la suite de la défaite de Napoléon III à Sedan, le 2 septembre 1870. L'annexion prendra fin en 1918. Du coup l'Alsace-Moselle ne peut bénéficier de l'émancipation laïque à deux étapes qui se déroule en France pendant cette période. D'abord l'émancipation laïque de l'école, avec les lois votées entre 1881 et 1886. Ensuite l'émancipation laïque de l'État, actée par la loi du 9 décembre 1905, qui stipule la séparation de l'État et des Églises. Une libération mutuelle, qui congédie à la fois l'immixtion de l'État dans les Églises et la mise en tutelle de l'État par l'Église. En revanche, sous administration allemande, l'Alsace-Moselle va bénéficier de la politique sociale de Bismarck. Revenue à la France en 1918, l'Alsace-Moselle comprend donc trois composantes juridiques distinctes, qui la différencient du reste de la République. Citons dans l'ordre le concordat du 15 juillet 1801, la loi Falloux du 15 mars...

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