La prudence limite les variations en attendant la Fed

par Marc Angrand
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LES BOURSES EUROPÉENNES ONT TERMINÉ EN ORDRE DISPERSÉ

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé mercredi mais sur une note globalement prudente, les investisseurs évitant de prendre des risques dans l'attente des déclarations de la Réserve fédérale sur l'évolution de la croissance, de l'inflation et des taux aux Etats-Unis et avant de nouvelles mesures de confinement en France.

À Paris, le CAC 40 a fini pratiquement inchangé à 6.054,82 points alors qu'à Londres, le FTSE 100, plombé par le recul des valeurs minières, reculait de 0,6% et qu'à Francfort, le Dax prenait 0,27%.

L'indice EuroStoxx 50 a terminé sur une baisse de 0,03% mais le FTSEurofirst 300 a cédé 0,31% et le Stoxx 600 0,45%.

Au moment de la clôture en Europe, la tendance à Wall Street était une nouvelle fois influencée par la remontée des rendements obligataires: le Dow Jones gagnait 0,32% alors que le Standard & Poor's 500 cédait 0,38% et que le Nasdaq Composite perdait 1,15% avec le repli de plusieurs poids lourds du secteur technologique, comme Apple (-2,2%) ou Microsoft (-1,42%).

La Fed doit publier à 18h00 GMT son communiqué de politique monétaire et ses nouvelles prévisions économiques, que son président, Jerome Powell, commentera une demi-heure plus tard lors d'une conférence de presse.

La banque centrale américaine ne devrait pas modifier sa stratégie mais les investisseurs seront à l'affût d'indices sur une éventuelle évolution de ses achats de titres sur les marchés comme sur les conséquences possibles de la remontée rapide des taux de marché et des anticipations d'inflation.

"Si Powell évoque des mesures pour endiguer la hausse des rendements à long terme (...) revenant ainsi sur les réticences de son discours du 4 mars, nous pensons que cela pourrait déclencher un rally sur les marchés", explique Naka Matsuzawa, stratège de Nomura, dans une note, tandis qu'"en l'absence de message concernant une intervention sur le marché, une hausse des anticipations d'inflation pourrait doper les rendements nominaux".

VALEURS

En Europe, la plus forte baisse sectorielle du jour est pour le compartiment des matières premières, dont l'indice Stoxx a perdu 2,14%, la plus forte hausse pour celui de l'automobile (+3,25%), qui évolue au plus haut depuis près de trois ans.

Ce dernier a profité notamment du bond de 6,16% de BMW, le constructeur automobile allemand ayant annoncé tabler sur une hausse marquée de son bénéfice imposable cette année, et de celui de Volkswagen, qui a pris 11,04% après avoir dit viser un doublement de ses ventes de voitures électriques. A Paris, Renault a pris 3,1%, la meilleure performance du CAC 40.

LES INDICATEURS DU JOUR

Aux Etats-Unis, les mises en chantier ont chuté de 10,3% à 1,421 million en rythme annualisé en février en raison de la vague de froid qui a frappé de nombreuses régions du pays, un repli plus marqué qu'attendu puisque le consensus Reuters les donnait à 1,56 million.

Dans la zone euro, l'inflation en février a été confirmée à 0,9% en rythme annuel.

TAUX

Sur les marchés obligataires, la journée est une nouvelle fois marquée par la remontée des rendements des bons du Trésor américain, liée à l'imminence des annonces de la Fed mais aussi aux craintes d'un regain de tension diplomatique entre les Etats-Unis et la Russie après les déclarations de Joe Biden assurant que Vladimir Poutine "paiera le prix" de sa tentative d'ingérence dans la campagne présidentielle de l'an dernier.

Au moment de la clôture en Europe, celui des Treasuries à dix ans prenait cinq points de base à 1,673% après un nouveau pic de plus de 13 mois à 1,689%.

En Europe, celui du Bund allemand de même échéance a pris un peu plus de quatre points à -0,292%.

CHANGES

Le dollar est en légère hausse face aux autres grandes devises internationales (+0,12%), l'attente des déclarations de la Fed décourageant la plupart des cambistes de prendre des positions nouvelles même si la remontée des rendement obligataires lui assure un soutien.

L'euro, après trois séances de baisse sur fond de difficultés de la vaccination en Europe, oscille ainsi autour de 1,19 dollar.

PÉTROLE

Les cours du brut reculent pour la quatrième séance consécutive en réaction à l'annonce d'une augmentation des stocks de pétrole, de carburants et d'autres produits distillés la semaine dernière aux Etats-Unis, venue s'ajouter aux inquiétudes pour la demande en Europe liées à la situation épidémique.

Le Brent abandonne 1,27% à 67,52 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,03% à 64,13 dollars.

(Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot)