Protectionnisme et élections incertaines menacent la croissance

La patronne du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, le 12 avril 2017 à Bruxelles

Washington (AFP) - La tentation protectionniste et l'incertitude en Europe liée aux élections françaises constituent des "risques" pour la croissance mondiale, a estimé mercredi la patronne du Fonds monétaire international, Christine Lagarde.

"Il y a des risques de dégradation très nets: l'incertitude politique, notamment en Europe, l'épée (de Damoclès) du protectionnisme qui pèse sur le commerce mondial", a énuméré la dirigeante dans un discours à Bruxelles, en prélude à l'assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale la semaine prochaine à Washington.

La directrice générale du FMI a notamment pointé la forte incertitude entourant la présidentielle française, qui se tient dans moins de deux semaines, et les élections générales allemandes prévues à l'automne.

"Tout le monde se demande: qui sera le prochain président français ? Quelle sera la prochaine coalition en Allemagne ?", a détaillé l'ancienne ministre de l'Economie française dans un entretien à Bloomberg TV, faisant part de son "inquiétude" sur l'issue de ces deux scrutins.

"Les derniers mois nous ont montré que des scénarios imprévisibles pouvaient arriver", a-t-elle déclaré, en référence au Brexit et à la victoire surprise de Donald Trump aux Etats-Unis.

L'économie mondiale est certes plus résistante aux chocs et "gagne en vigueur" mais des mesures protectionnistes, notamment en provenance des Etats-Unis, pourraient compromettre cette embellie, a-t-elle par ailleurs prévenu.

Les menaces de guerre commerciale agitées par l'administration Trump ont récemment perdu en intensité mais pourraient, si elles étaient mises à exécution, "freiner la croissance, la productivité et l'investissement", a assuré Mme Lagarde.

La dirigeante a notamment exhorté l'administration américaine à renoncer à désigner officiellement la Chine comme un pays manipulant sa monnaie, une promesse de campagne du président Trump qui risquerait d'entraîner des représailles de Pékin.

"On ne peut pas désigner un pays isolé parce que le système fonctionne comme un ensemble. Quand une monnaie monte quelque part, une autre baisse ailleurs" sur le globe, a assuré Mme Lagarde.

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