"Nous protéger des flux migratoires" venus d'Afghanistan: tollé à gauche après les propos de Macron

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Emmanuel Macron ce lundi. - BFMTV
Emmanuel Macron ce lundi. - BFMTV

Les scènes montrant une foule s'accrochant désespérément à la carlingue ou au train des avions sur le tarmac de l'aéroport international de Kaboul, cherchant à fuir le triomphe des talibans, ont pu peser. Depuis lundi soir, une partie de la gauche s'oppose frontalement à Emmanuel Macron, ulcérée par l'une des dimensions de son allocution consacrée à la crise afghane et lui reprochant de déroger à un impératif de solidaroté envers les réfugiés.

Emmanuel Macron a pourtant estimé de "notre devoir" et de "notre dignité de protéger ceux qui nous aident: interprètes, chauffeurs, cuisiniers et tant d'autres", indiquant que "800 personnes", des ressortissants afghans, se trouvaient "d'ores et déjà" sur le sol français. Mais la prise de parole présidentielle ne visait pas tout à fait à ouvrir les vannes en grand, et le chef de l'Etat a préféré pointer un risque migratoire éventuel.

"Nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers"

"Nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent, et nourriraient les trafics de toute nature", a déclaré le chef de l'Etat lundi soir. "La déstabilisation de l’Afghanistan risque également d’entraîner des flux migratoires irréguliers vers l’Europe", avait-il auparavant dit, ajoutant:

"La France, comme je l’ai dit, fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés. Nous prendrons toute notre part dans le cadre d’un effort international organisé et juste. Mais l’Afghanistan aura aussi besoin dans les temps qui viennent de ses forces vives et l’Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle."

"Nous porterons donc, en lien avec la République Fédérale d’Allemagne (...) une initiative pour construire sans attendre une réponse robuste, coordonnée et unie qui passera par la lutte contre les flux irréguliers", a-t-il achevé.

Europe Ecologie-Les Verts vent debout

C'est de Twitter qu'est venue la réplique à gauche, et presque instantanément. La mobilisation contre les propos présidentiels a été particulièrement marquée du côté d'Europe Ecologie-Les Verts, dont le secrétaire national Julien Bayou s'est interrogé: "'Nous devons nous protéger contre des flux migratoires irréguliers'. Et l'asile? Et ces enfants, ces femmes, ces hommes qui fuient l'horreur? La France doit prendre sa part. Il faut du concret."

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Le maire écologiste de Grenoble, qui pourrait concourir à la prochaine présidentielle, Eric Piolle, a attaqué: "Il veut surtout que les gens restent là-bas. Il se fout de tout, l'important pour lui, c'est qu'il n'y ait personne chez nous". Dans le surtitre de cette vidéo diffusée sur Twitter, il a même proclamé: "Macron fait honte à la France."

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Le député européen, et candidat déclaré à la primaire écologiste, Yannick Jadot, a lui aussi réagi. "Sidéré d’écouter Emmanuel Macron déclarant que les femmes, les hommes et les enfants qui fuient l’enfer des talibans sont d’abord une menace, des 'migrants irréguliers', avant d’être des victimes et potentiellement des réfugiés", a-t-il écrit, enchaînant: "La France et l’UE peuvent faire tellement mieux!"

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Le Parti socialiste prudent mais sur la même ligne

Sur un mode moins tonitruant, le Parti socialiste a choisi de faire pivoter son argumentaire autour du même axe. "La France et l’Europe doivent être au rendez-vous de leurs valeurs, de leur histoire. La protection de ces voix qui ont porté la démocratie, la liberté, l’égalité, l’État de droit doivent pouvoir trouver refuge auprès de nous", a ainsi appelé son patron, le Premier secrétaire et député élu en Seine-et-Marne, Olivier Faure.

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Une autre figure bien connue du PS a regardé dans la même direction. Boris Vallaud, député élu par la 3e circonscription des Landes, a écrit: "Au moment où Kaboul retombe aux mains des Talibans et de leur barbarie, infinie tristesse pour le peuple afghan qui avait accordé sa confiance aux démocraties et qui va le payer au prix fort. Leur droit d'asile est notre devoir."

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Pour Jean-Luc Mélenchon, l'heure n'est pas à la polémique

Sans donner pour autant quitus sur ce point au chef de l'Etat, Jean-Luc Mélenchon a refusé de s'engager dans la polémique, soulignant que l'heure appartenait à une forme d'union sacrée: "Macron a parlé. Tant que notre pays est dans l'action de rapatriement général, devoir de solidarité nationale." Une trêve déjà grosse des combats politiques à venir toutefois: "Le temps de la redéfinition de notre politique internationale est venu. L’élection de 2022 est ce moment."

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La colère des insoumis

Certains des lieutenants du parlementaire élu dans les Bouches-du-Rhône, et candidat à la présidentielle, ont toutefois paru anticiper sur l'échéance fixée par leur chef. C'est le cas d'Adrien Quatennens. "Ou comment rabougrir la France en une poignée de secondes", a-t-il écrit sur Twitter.

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Sa consoeur de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain, a elle aussi tancé: "Le devoir d'humanité envers l'Afghanistan version Macron (le rempart !). Sordide."

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"Emmanuel Le Pen!"

À dire vrai, ce sont plutôt des acteurs de la société civile, et des intellectuels qui ont laissé échapper les accents les plus véhéments. C'est même par une personnalité internationale qu'a transité une formule destinée à faire florès - quelques heures du moins - dans le microcosme Twitter.

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En effet, retweetant dans la soirée les propos de la militante Feïza Ben Mohamed, l'activiste américain Edward Snowden s'est exclamé: "Emmanuel Le Pen!".

Article original publié sur BFMTV.com

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