La prospérité des posidonies élucidée

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Le phénomène de symbiose associant bactéries et végétaux s’applique aussi aux plantes marines.

Cet article est extrait de Science et Avenir - La recherche n°899, daté janvier 2022.

Contrairement à ce que pensaient les scientifiques, l’association d’espèces bactériennes et végétales pour en tirer un bénéfice réciproque (symbiose) n’est pas l’apanage des plantes terrestres. Une étude menée par des biologistes de l’Institut Max-Planck de microbiologie marine à Brême (Allemagne) vient de montrer que les herbiers de Méditerranée abritent dans le tissu de leurs racines des bactéries qui leur fournissent, en échange de sucres, l’azote et les acides aminés nécessaires à leur développement.

Couvrant quelque 600.000 km2 sur la plupart des côtes de notre planète, excepté l’Antarctique, les herbiers marins forment dans l’océan de véritables prairies de plantes à fleurs. Ces écosystèmes, berceaux d’une riche biodiversité, sont aussi des puits de carbone essentiels : ils stockent jusqu’à 1500 tonnes de dioxyde de carbone par hectare, soit trois à sept fois plus que les forêts.

Des bactéries changent l’azote en nutriment

Leur prospérité dans certaines régions du monde relevait cependant du mystère. Comment expliquer la survie d’herbiers marins dans de nombreuses régions côtières où l’azote n’est disponible qu’en faibles concentrations pendant de longues saisons ? C’est cette énigme que les chercheurs allemands viennent donc d’élucider. Les bactéries Candidatus Celeri-natantimonas neptuna (Ca. C. neptuna) convertissent l’azote dissous dans l’eau et les sédiments en une forme utilisable par les herbiers.

De même que les micro-organismes fixateurs d’azote auraient pu favoriser la colonisation des sols pauvres en cet élément chimique par les premières plantes terrestres, les ancêtres de Ca. C. neptuna ont probablement permis aux plantes à fleurs d’envahir des habitats marins pauvres en azote il y a quelque 100 millions d’années. De telles symbioses pourraient aussi exister dans les herbiers tropicaux et les marais salés, estiment les scientifiques.

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