Le prosélytisme de Salah Abdeslam en prison pointé du doigt par un rapport

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La prison de Fleury-Mérogis où est incarcéré Salah Abdeslam, le 11 avril 2017. (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)
La prison de Fleury-Mérogis où est incarcéré Salah Abdeslam, le 11 avril 2017. (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)

TERRORISME - “Passeur de la parole du Créateur.” C’est en ces termes que Salah Abdeslam, principal accusé du procès des attentats du 13-Novembre, se décrirait, selon un rapport de l’administration pénitentiaire daté du 17 août dont le contenu a été révélé par Mediapart ce mercredi 8 septembre.

Cette note, que Le Parisien et BFM TV ont également pu consulter, souligne la radicalité et le prosélytisme en prison de l’unique survivant du commando: depuis son arrivée à la prison de Fleury-Mérogis, ses lectures se seraient portées sur les théories salafistes et wahhabites, des mouvements qui prônent une pratique radicale de l’islam.

Il utiliserait “la médiatisation de son affaire et de la curiosité qu’il suscite pour influencer ses codétenus”, ajoute le rapport, et “se livre en détention à une pratique confessionnelle très ritualisée qu’il a peaufinée au fil de son incarcération”.

Des cours de doctrine dispensés à d’autres détenus

En avril 2019, il aurait commencé à discuter du jihad avec un voisin détenu à l’étage en dessous de sa cellule. Les mois suivants, il aurait même dispensé des “cours de doctrine” à d’autres prisonniers, leur dictant leurs “pratiques confessionnelles”.

Des images de vidéosurveillances montreraient Salah Abdeslam utiliser des supports écrits pour ses leçons “auxquelles ses interlocuteurs se montraient particulièrement réceptifs”, abonde la note. Celle-ci estime qu’il “demeure un individu capable d’user de sa notoriété pour endoctriner ses codétenus, parfois fragiles, et pourrait les pousser au passage à l’acte.”

Toutefois, la rencontre avec deux détenus érudits aurait révélé “un véritable déficit de connaissances, de nombreuses incohérences doctrinales ainsi qu’une incapacité à tenir une conversation en arabe et à chanter des chants jihadistes”.

“Attrait intact pour l’idéologie de l’État islamique”

Depuis, alors qu’il cumule une dizaine d’incidents entre juin 2016 et décembre 2019 comme le refus de fouille intégrale, des insultes et des menaces envers les surveillants pénitentiaires ou encore l’endommagement de caméras de surveillance, son comportement se serait amélioré. L’administration constate pour autant “un attrait toujours intact pour l’idéologie djihadiste de l’État islamique”. Ce que l’intéressé a confirmé lors de l’ouverture du procès des attentats du 13-Novembre, ce 8 septembre, en se présentant comme un “combattant” de Daech.

Contactés par Mediapart, les avocats de Salah Abdeslam fustigent un rapport qui ne serait qu’“une bouillie qui mélange à la fois les accusés, les faits qui leur sont reprochés, l’appréciation de leur degré de radicalisation, et qui se permet même de porter une appréciation sur des éléments relevant strictement de leur vie privée”.

Et d’ajouter: “Ces prétendues informations ne sont, pour leur grande majorité, pas documentées, et semblent récoltées par des procédés dont on peut interroger la légalité.”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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