Le propriétaire du site porno "Jacquie et Michel" mis en examen pour complicité de viol

Un badge de la police sur une veste (illustration) - Geoffroy Van der Hasselt / AFP
Un badge de la police sur une veste (illustration) - Geoffroy Van der Hasselt / AFP

Le propriétaire du site pornographique "Jacquie et Michel" a été mis en examen vendredi notamment pour complicité de viol et placé sous contrôle judiciaire dans une enquête sur des soupçons de dérives dans le porno amateur. Interpellé mardi avec son épouse et trois autres hommes, Michel Piron, 64 ans, a été mis en examen à l'issue de 72 heures de garde à vue pour complicité de viol et traite d'être humain en bande organisée.

Il a été placé sous contrôle judiciaire et a donc pu ressortir libre du tribunal, alors que le parquet avait requis son placement en détention provisoire, a constaté l'AFP lors d'une audience publique devant le juge des libertés et de la détention (JLD).

Les trois autres hommes - un ancien acteur et deux anciens réalisateurs - ont également été mis en examen dans ce dossier, pour viols, complicité de viol, proxénétisme en bande organisée et traite d'être humain en bande organisée. L'un d'eux est aussi poursuivi pour complicité de viol avec acte de torture et de barbarie. Il a été placé en détention provisoire. L'épouse de Michel Piron, Araceli, a elle été placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté et est donc ressortie libre vendredi du tribunal judiciaire de Paris.

Un "système de proxénétisme et de traite des êtres humains"

Dans un communiqué, Me Nicolas Cellupica, avocat du groupe Arès, présidé par Michel Piron et détenteur du site pornographique, a affirmé qu'il était reproché au propriétaire du site "des faits -contestés - concernant une seule plaignante, en 2013". "L'infraction de proxénétisme n'a pas été retenue à son encontre", ajoute-t-il, annonçant par ailleurs que Michel Piron avait décidé de quitter le groupe le temps de cette procédure.

"Le groupe Jacquie et Michel acquiert et diffuse des milliers de vidéos par an réalisées par des producteurs indépendants et regrette profondément que 7 scènes litigieuses aient pu être tournées parmi celles-ci, sur les 20 dernières années", souligne-t-il.

Devant le JLD, la représentante du ministère public a décrit un "système de proxénétisme et de traite des êtres humains", avec des "femmes démolies". "On les entraîne dans un piège", a-t-elle déclaré, dénonçant un "mode opératoire qui enferre les victimes dans ce système".

Les avocats de la défense ont pour leur part fustigé "deux ans de procédure" au cours desquels "aucun acte d'enquête" n'était intervenu selon eux. "La vision du ministère public c'est de se dire que le porno n'est qu'une forme de violence", a lancé un des avocats. "Sur 7000 femmes (filmées, ndlr), il y a sept plaignantes", a souligné Me Yves Levano, avocat de Michel Piron.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles