Une proposition transpartisane pour faire avancer la légalisation de cannabis

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Le député LFI Eric Coquerel à l'Assemblée nationale à Paris, le 2 février 2021

Une proposition de loi transpartisane visant à légaliser le cannabis pour lutter contre les trafics a été présentée mardi par le député LFI Eric Coquerel, avec pour objectif de maintenir la pression sur un sujet auquel l'exécutif est opposé.

Le texte de M. Coquerel est co-signé par une quinzaine de députés, principalement de gauche mais aussi deux appartenant au groupe LREM, Jean-Baptiste Moreau et Patrick Vignal, et un au groupe MoDem, Richard Ramos.

La proposition sur la "lutte contre le commerce illégal de drogues" -son intitulé officiel- s'articule autour de trois axes: la prévention, la légalisation du cannabis et la sécurité.

La lutte contre la drogue n'y est plus l'apanage du seul ministère de l'Intérieur, celui de la Santé étant amené à "assumer la coordination en matière de stupéfiants".

L'idée centrale repose sur le fait qu'un cannabis légalisé, produit et commercialisé sous contrôle des pouvoirs publics, permettrait d'assécher les trafics et de mieux agir en matière de santé publique.

M. Coquerel, élu de Seine-Saint-Denis, a dressé devant la presse un "bilan catastrophique" de la politique répressive suivie actuellement, "qui ne fonctionne ni pour freiner la consommation, ni pour freiner le trafic".

"On sait que la légalisation est inéluctable" même si "c'est un sujet très difficile à aborder dans le débat public", a abondé François-Michel Lambert (groupe Libertés et territoires), l'un des plus ardents partisans de la dépénalisation à l'Assemblée.

Une proposition de loi de M. Lambert, dont des éléments ont été repris dans celle de M. Coquerel, avait été rejetée en commission des Affaires sociales au Palais Bourbon en mars dernier.

Un mission parlementaire, coordonnée par la députée LREM Caroline Janvier, a rendu au début du mois un rapport proposant également de légaliser le cannabis afin de contrer les trafics.

M. Coquerel a toutefois admis que face à l'opposition exprimée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le président Emmanuel Macron, sa proposition ou tout autre texte semblable n'avait pratiquement aucune chance d'aboutir pour le moment. "Cela ne se passera pas sous ce mandat", a-t-il convenu.

Mais en gardant la pression sur cet objectif, "je crois que la prochain mandature peut être l'occasion d'adopter une loi en ce sens", a espéré l'élu LFI.

cr/reb/vk