La proposition de Macron sur la représentativité des salariés en entreprise n'est pas seulement archaïque, elle est populiste

Arnaud Richard
Cadre pendant 10 ans, j'ai vu comment l'entreprise se déshumanise et use ses salariés

Au commencement était la Résistance victorieuse et la belle conviction que la grandeur nationale se confond avec l'action collective.

Notre pays a ainsi confié à ceux qui devaient reconstruire la France le soin de prendre soin d'eux-mêmes. Représentants des salariés et des employeurs ont pris en charge, à parts égales, un vaste domaine de compétences, liées à la vie de tous les jours: les retraites, les complémentaires, le chômage, la prévoyance, la santé au travail, la formation professionnelle, le logement ou l'insertion des personnes handicapées. Cette belle idée s'appelle le "paritarisme".

Selon vous, Monsieur Macron, ce modèle serait définitivement obsolète et devrait disparaître. Et l'Etat, étant, comme chacun le sait, un parangon de bonne gestion et de dialogue collant aux diversités de terrain, reprendrait unilatéralement la main.

Cette proposition, aussi radicale que technocratique, rappelle des pratiques archaïques et cache mal des arrière-pensées populistes, qui ont beau jeu à stigmatiser nos systèmes de représentation. Vous mettriez alors la main sur le pot commun de masses financières pour lesquelles les travailleurs ont un droit de tirage social.

En réalité, vous confondez diagnostic et posologie.

Les constats de la crise du paritarisme sont largement partagés: -un système en tuyaux d'orgues qui, avec 150 milliards d'euros, pèse 50% des dépenses publiques -un paysage éclaté en 750 branches, dont à peine 50% produisent des accords collectifs -une légitimité contestée, avec un taux de syndicalisation des plus faible d'Europe à 6% et pourtant 765.000 mandats de représentation en cours -un mécano coûteux et opaque dévoilé par le rapport Perruchot.

Au final, le paritarisme ne parvient plus à produire les changements qu'appellent les défis nouveaux de la vie sociale et économique. Mais qu'il fonctionne mal ne veut pas dire qu'il soit inutile.

Le paritarisme est un outil. Le changement à impulser est de méthode.

Plutôt que de se...

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