Propos racistes à l'Assemblée: pour Darmanin la "question de la démission" du député RN "se pose"

Propos racistes à l'Assemblée: pour Darmanin la "question de la démission" du député RN "se pose"
Gérald Darmanin invité de Face à face sur BFMTV - BFMTV
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Invité de BFMTV-RMC ce vendredi, Gérald Darmanin a réagi aux propos racistes prononcés par le député RN Grégoire de Fournas à l'encontre du député LFI Carlos Martens Bilongo jeudi à l'Assemblée nationale.

"D'abord, je veux dire que, comme énormément de Français, on est tous extrêmement choqués de ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale", a dit dans un premier temps le ministre de l'Intérieur.

Jeudi, au moment où le député noir Carlos Martens Bilongo (La France insoumise) posait une question sur les migrants en Méditerranée, Grégoire de Fournas a déclaré "qu'il retourne en Afrique" ou "qu'ils retournent en Afrique", selon sa version. Cela impliquerait des migrants et non du parlementaire de gauche.

Darmanin va signer la pétition pour appeler à la démission de Grégoire de Fournas

"Ça fait 15 ans que d'une manière ou d'une autre, je suis dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. C'est la première fois que j'ai entendu quelque chose d'aussi ignominieux", a indiqué Gérald Darmanin sur notre antenne.

"Je pense que cet après-midi, le bureau de l'Assemblée nationale prendra la sanction la plus forte pour sanctionner ce député du Rassemblement national", a-t-il déclaré.

Cette sanction pourrait s'élever au maximum à la privation pendant deux mois de la moitié de l'indemnité parlementaire et à une interdiction de "reparaître dans le Palais de l’Assemblée jusqu’à l’expiration du quinzième jour de séance qui suit celui où la peine a été prononcée". Il s'agirait alors d'une censure avec exclusion temporaire.

Concernant une éventuelle démission, le patron de la place Beauvau a estimé que "l'Assemblée nationale ne peut pas juger de la présence ou non des députés dans l'hémicycle", contrairement aux "électeurs". Cette question "se pose pour [Grégoire de Fournas] en conscience", a-t-il jugé.

De son côté, le ministre compte signer la pétition en ligne lancée par Renaissance pour appeler à la démission du député RN.

"Complices de ce racisme ordinaire"

Gérald Darmanin a, par ailleurs, fustigé la "position de Jordan Bardella et Marine Le Pen", après les propos racistes de l'élu de leurs rangs.

"Pendant des semaines, des mois, des années, ils nous ont expliqué que le Front national ne ressemblait pas au Rassemblement national, qu'il n'avait rien à voir avec Jean-Marie Le Pen, avec les anciens de l'OAS, avec les anciens de Vichy", a souligné le ministre, en référence à la stratégie de dédiabolisation du parti.

Et d'attaquer dans la foulée: "Madame Le Pen soutient finalement ce député, elle n'a pas fait un pas de côté. Ils sont finalement complices (avec Jordan Bardella, ndlr) de ce racisme ordinaire".

Jeudi, l'ancienne candidate à la présidentielle avait estimé qu'il s'agissait d'une "polémique grossière", prétextant que Grégoire de Fournas parlait "des migrants transportés en bateaux par les ONG qu’évoquait" Carlos Martens Bilongo.

Article original publié sur BFMTV.com