Propos sur les mineurs isolés: le procès d’Eric Zemmour s’ouvre dans une ambiance tendue

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Eric Zemmour est jugé depuis ce mercredi pour “complicité de provocation à la haine raciale” et “complicité d'injure raciale”.  - Emmanuel Dunand - AFP
Eric Zemmour est jugé depuis ce mercredi pour “complicité de provocation à la haine raciale” et “complicité d'injure raciale”. - Emmanuel Dunand - AFP

L’audience n’avait pas encore débuté que les tensions qu’elle suscite s’illustraient sur le parvis du tribunal. Alors qu’Eric Zemmour est jugé depuis ce mercredi pour "complicité de provocation à la haine raciale" et "complicité d'injure raciale" pour des propos concernant les mineurs isolés tenus sur Cnews en septembre 2020, des membres du mouvement de jeunesse Génération Z, soutenant sa maintenant quasi-certaine candidature à l’élection présidentielle, se sont rassemblés devant le tribunal correctionnel de Paris.

Une vingtaine de militants étaient présents, comme a pu le constater sur place un journaliste de BFMTV, pour afficher leur soutien au polémiste d’extrême droite et déployer un drapeau français.

Demande de renvoi refusée

Des crispations qui se sont poursuivies à l’intérieur du tribunal. Devant une salle d'audience pleine, la présidente Delphine Chauchis a prévenu dès l'ouverture que son tribunal serait "particulièrement vigilant (quant à) la sérénité des débats". Des propos qui n’ont pas empêché Me Pardo, avocat d’Eric Zemmour, et Me Baratelli, avocat du directeur de la publication de Cnews, jugé aux côtés d’Eric Zemmour, de longuement plaider pour le renvoi de l’audience, avançant que les conclusions de nombreuses parties civiles ne leur avaient pas été transmises à temps.

Le renvoi "arrange manifestement un des prévenus", "c'est une stratégie", a alors lancé Me Patrick Klugman, au nom de SOS Racisme, qui s’est constitué partie civile. Après une courte suspension de séance, la présidente a finalement refusé la demande de renvoi.

Des mineurs décrits comme "voleurs", "assassins", "violeurs"

Le 29 septembre 2020, Eric Zemmour participe sur Cnews à un débat portant sur les mineurs isolés. Quatre jours plus tôt, devant les anciens locaux du journal Charlie Hebdo, Zaheer Hassan Mehmood, âgé de 25 ans, a fait deux blessés, armé d’une lame de boucher. Pourtant, lors de son arrivée sur le territoire national en 2018, il ment et dit être mineur, une situation lui permettant d’aspirer à une prise en charge de l’Aide sociale à l’enfance en qualité de mineur étranger non accompagné.

En plateau, le polémiste d’extrême droite décrit alors les mineurs isolés comme des "voleurs", des "assassins" et des "violeurs" qui n'auraient "rien à faire ici". C’est pour ces propos qu’Eric Zemmour - qui a préféré ne pas se présenter à l’audience - est jugé à partir de ce mercredi.

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Une trentaine de parties civiles

Visiblement agacé par la trentaine de partie civiles s’étant constituées, dont les associations SOS Racisme, la Ligue des droits de l'Homme et la Maison des Potes, mais aussi une vingtaine de conseils départementaux - les mineurs non accompagnés étant pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, gérée par les départements -, Me Pardo a estimé qu’elles étaient ici "pour faire de la politique".

Au micro de BFMTV, l’avocat d’Eric Zemmour a également déclaré que son client avait, sur Cnews, "dit avec d’autres mots ce que certains ont déjà dit avant" et qu’il existait "un véritable problème de surdélinquance de ces mineurs".

Dans un communiqué de presse, Eric Zemmour déclare, à propos de cette procédure: "Comme vous pouvez l’imaginer, cette procédure ouverte par le Parquet de Paris, de sa propre initiative, n’est rien d’autre qu’une tentative d’intimidation de plus!"

Le polémiste, dont la déclaration prochaine de sa candidature à l’élection présidentielle est maintenant quasi certaine, est un habitué des procédures judiciaires. Poursuivi une quinzaine de fois, il a déjà été condamné à deux reprises pour injures à caractère raciale.

Article original publié sur BFMTV.com

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