Les propos d'Erdogan sur le nazisme "fous" et "déplacés", selon Rutte

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le 9 mars 2017 à Bruxelles

La Haye (AFP) - Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a estimé samedi que les propos du président turc Recep Tayyip Erdogan, comparant la politique néerlandaise au nazisme, étaient "fous" et "déplacés".

C'était des "propos fous". "Je comprends qu'ils (NDLR: les Turcs) soient en colère mais c'était tout à fait déplacé", a dit M. Rutte à la presse, alors que La Haye vient de décider d'empêcher une visite du ministre turc des Affaires étrangères.

Mark Rutte, qui s'exprimait lors d'un déplacement électoral à Breda (sud), a expliqué que cette décision avait été difficile à prendre.

Les Pays-Bas ont annoncé qu'ils "retiraient les droits d'atterrissage" à l'avion du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, qui comptait prendre la parole ce week-end à Rotterdam devant la communauté turque néerlandaise pour plaider en faveur de la réforme visant aux renforcement des pouvoirs présidentiels en Turquie. Cette réforme sera soumise à référendum en Turquie le 16 avril.

Cette annonce de La Haye a aussitôt suscité la colère du président Recep Tayyip Erdogan, qui a dénoncé là un "vestige" du nazisme et a menacé de riposter.

La brusque escalade de la tension entre les deux pays à l'approche de ce référendum capital pour Recep Tayyip Erdogan a également pour contexte les élections législatives du 15 mars aux Pays-Bas, qui donnent lieu à un vif débat sur l'immigration et le rôle des citoyens musulmans néerlandais.

Mark Rutte a déploré avoir dû prendre la décision d'empêcher la venue du ministre turc, rappelant que la Turquie était "un allié de l'Otan", avant d'ajouter toutefois: "je pense vraiment que nous avons pris la bonne décision".

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