Proportionnelle: Bayrou veut un référendum au moment des régionales

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Le président du MoDem François Bayrou, le 22 septembre 2020 à Paris

Le chef du MoDem François Bayrou, allié d'Emmanuel Macron, a de nouveau défendu dimanche la mise en place de la proportionnelle aux législatives par référendum, estimant qu'il pourrait être organisé en même temps que les régionales prévues en juin.

"Il y a une question qui empoisonne le débat public depuis longtemps - les +gilets jaunes+ en ont beaucoup parlé dans leur cahier de doléances - et ils ont dit très souvent qu'ils n'étaient pas représentés", a-t-il argumenté dans l'émission de France Inter/franceinfo/Le monde.

"Si on fait ce constat, alors on se tourne vers notre histoire et nos institutions et on dit aux Français: Il va falloir que vous tranchiez", a-t-il poursuivi en prônant de nouveau un référendum. Pour lui "ce serait pas mal de le faire en même temps que les régionales" et donc "dès juin si elles ont lieu en juin".

Les élections régionales prévues en mars ont été reportées en juin en raison de la crise du Covid-19.

Il répète qu'il n'a "jamais cru qu'on pouvait y arriver par la voie parlementaire".

Car, selon lui, "ce à quoi nous sommes confrontés, c'est le conservatisme éternel des forces politiques qui veulent garder le pouvoir pour elles, des forces politiques majoritaires qui croient qu'elles vont le rester".

"J'ai proposé un référendum le jour du 2e tour des élections législatives pour que ça soit réglé, on m'a dit +c'est trop tôt", et maintenant +c'est trop tard+"

François Bayrou a ironisé sur le président LR du Sénat Gérard Larcher, opposé à cette réforme. "Ca fait rire parce que Gérard Larcher, il est élu comme sénateur à la proportionnelle. Depuis toujours, les trois quarts des sénateurs sont élus à la proportionnelle", a-t-il taclé.

Il a toutefois dit être "l'un des très rares hommes politiques qui croient que les promesses engagent", faisant référence à l'engagement de campagne d'Emmanuel Macron en 2017 d'introduire une dose de proportionnelle dans le scrutin législatif.

Mais LREM et l'exécutif se montrent très prudents. Favorable à une "dose de proportionnelle", le délégué général du parti présidentiel, Stanislas Guerini, a reconnu dimanche sur France 3 une "différence de calendrier politique" avec le MoDem. Il préfère "l'inscrire dans le programme présidentiel" de 2022, "en baissant aussi le nombre de parlementaires".

Selon le patron des députés LREM Christophe Castaner, le mode d'élection des députés n'est sans doute pas "la priorité absolue" des Français en pleine crise sanitaire.

Le 10 février, Emmanuel Macron avait estimé que ce débat "important" sur la proportionnelle devait se "poursuivre".

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